Mon anxiété sans diagnostique

L’anxiété, qu’est-ce que c’est? Faut-il nécessairement être médicamenté pour cohabiter avec des périodes d’angoisse et de stress? L’anxiété est une réaction normale du corps humain face à des actions courantes de la vie. Elle survient, entre autres, lors de prises de décisions importantes. Mais est-ce qu’il faut ressentir le besoin constant de nous justifier sur le ”pourquoi suis-je aussi anxieux? ”

 

Lorsque j’étais au primaire, je me retrouvais souvent à être cette petite fille timide et apeurée des exposés oraux et du principe de faire des nouvelles rencontres. J’avais de bons amis, mais quand on me demandait de m’en faire d’autres, je figeais. Les gens devaient venir vers moi, pas le contraire. Plus tard, certains aspects de ma personnalité se sont fixés et je suis devenue très affirmée et sûre de moi. Malgré tout, certains de mes petits démons sont restés et me rappellent tous les jours que nous avons tous nos faiblesses.

 

Je fais de l’anxiété. C’est pas un docteur qui me l’a dit, juste ma tête qui s’emballe et mon petit coeur qui bat vite vite quand tout arrive en même temps dans ma vie. La première fois que j’ai fait une crise d’anxiété, j’étais au travail. Cela faisait peu de temps que j’occupais un certain poste quand une journée plus rushante s’est présentée. Tout d’un coup, c’est comme si tout autour de moi se développait trop vite, comme un film qu’on met en mode accéléré. La puissance de mes réactions se multipliaient, et ce que quelqu’un de posé et calme aurait fait tranquillement, je le faisais en tremblant. Je me suis mise à pleurer et j’ai capté ma limite. J’ai du me retiré dans le backstore, et là, j’ai pleuré. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, mais je savais que ça avait été un coup de trop.

 

Au début, j’avais peur de devoir quitter mon travail; je commençais tout juste à m’y sentir plus à l’aise, et voilà que j’angoissais le matin avant d’y aller, de peur de retrouver ce sentiment de crainte face à mes interactions avec les autres. Deux ans plus tard, je travaille encore là-bas et j’aime ce que je fais, sauf que ça m’arrive encore de paniquer. Il suffit parfois d’une seule pensée par rapport à un devoir que je dois remettre bientôt, une querelle familiale ou un inconfort avec une personne que je dois côtoyer régulièrement pour que la roue se mette à tourner. Avec le temps, j’ai eu à me comprendre, m’apprivoiser comme j’étais en me trouvant des tactiques pour me calmer lorsque je suis en période de crise. Si je ne me contrôle pas, je peux vivre de l’insomnie et des pertes de motivation majeures.

 

Parfois, j’appréhende un moment et c’est alors que mon stress s’accentue. Le simple fait d’aller quelque part sans savoir ce qui m’attend, l’idée d’arriver en retard à un rendez-vous ou même participer à un évènement mal organisé me place dans un état très inconfortable. Quand je suis dans une situation ou je dois agir rapidement et que je sens mon anxiété prendre le dessus, je dois me réfugier dans ma tête et me recentrer sur moi-même un instant. Je respire profondément et je pense à des choses qui me font du bien et qui me réconfortent. Il me suffit de me trouver un point de repère quand je me sens m’écarter du reste du monde, quelque chose pour m’y accrocher. Parce que l’anxiété, lorsqu’envoyée au cerveau en trop grande dose, est irréelle. Elle n’est pas vrai, c’est une illusion que nos pensées nous imposent. Si ça devient trop puissant, c’est physique. Je pleure sans comprendre pourquoi, je tremble, je respire rapidement et je parle trop vite. Je sais que j’y ferai face toute ma vie.

 

Quelqu’un un jour m’a dit ”la pensée crée.” Il n’y a pas plus vrai que cela. Les mauvais tourments entraînent les mauvaises émotions aux mauvais moments. Je ne ressentirai jamais le besoin de me faire diagnostiquer mon anxiété parce que je la connais, je la traîne avec moi dans mon sac à dos depuis trop longtemps pour avoir besoin qu’un expert ne me la cible. Jamais des médicaments ne pourront quoi que ce soit pour moi, parce que je sais que je suis plus forte que tout ça si j’y crois assez. J’y croirai toujours.

 

 

Richard Martineau, qui es-tu?

J’ai tout récemment eu l’occasion de lire le fabuleux biais de Richard Martineau intitulé «Les filles, c’est nono (projet de monologue)», et j’étais complètement enchantée. Chaque point abordé par notre personnalité préférée à nous, les femmes fières d’être femmes, était d’un génie sans pareil.

L’homme emplit de bonté a débuté son long discours bien tenu pour ses compères les hommes en pointant du majeur l’opinion grasse qu’il a des femmes voilées et de leur «soumission à Allah.» Bien entendu, traîter une femme de niaiseuse parce qu’elle a une culture dont il ne saisit probablement pas l’ampleur en évitant d’aborder le fait que les féministes sont lapidées dans certains pays lui est égal. Mais l’ignorance est un joli défaut, n’est-ce pas?

Notre monsieur Martineau, qui nous fait vider nos poches pour son nom avec un grand M sur la couverture du Journal slash vidange De Montréal, s’attaque en force aux femmes qui se permettent une chirurgie esthétique sur leurs propres seins en supposant que cela n’est que pour plaire aux hommes. Toujours les hommes. Mais pourquoi pas pour elles? Envisager qu’une femme modifie son propre corps pour se satisfaire elle-même n’est probablement pas une possibilité dans l’esprit équilibré de notre ami Rich. C’est dans des phrases dont le dialogue est porté par une femmes fictive telles que «J’aime ça, les grosses couilles, j’aimerais ça si tu te faisais installer des grosses boules en plomb dans la poche» qu’il tente désespérément de prouver qu’il serait ridicule pour un homme de se plier ou se soumettre aux désirs des femmes. L’ironie se cache entre chacune des lignes de ses articles poubelles, puisque c’est de cracher publiquement que l’homme est au-dessus de tout ça. Et si on est pour être vulgaire, allons-y à fond!

Et finalement, la cerise sur le sundae des conneries. Richard Martineau décide que des filles qui achètent des magazines exposant des modèles photoshopées et des guides minceur ainsi que sur l’estime de soi, c’est des connes. Des belles dindes. Il faut être 2 watts pour glousser comme un animal sauvage qu’on veut être comme si, comme ça, ressembler à telle ou telle autre. Facile à dire, Mr. Martineau, quand on vit dans une société qui hypersexiualise encore autant le corps de la femme, et ce, jusque dans les écoles publiques.

Richard Martineau, qui es-tu? Me laisses-tu te vouvoyer, puisque nous sommes tous si égaux pour toi? Que le féminisme est si enragé sans raison? Je suis ouverte à la discussion. Mais j’attend avec impatience le jour où tu pourras sortir tes arguments sans ressembler à un garçonnet de dix ans qui pioche sur la table sans relâche, et toujours sur le même sujet avec une fermeture d’esprit plus grandiose que le Mont Everest. Qui suis-je pour te traîter de gros connard, alors qui es-tu pour nous traîter de nounounes?

2016 WAKE UP CALL. LAST CHANCE. Le lien de son ”monologue” (trashy aight)

 

 

 

 

Démoraliser un végétarien en 5 étapes.

Ta meilleure amie a commencé à éliminer la viande de son alimentation, et vraiment, ça te désespère. Pourquoi elle ferait quelque chose comme ça? Pour suivre le mouvement, se penser plus importante que les autres? Eh bien, ça ne se passera pas comme ça! Ouvrons le débat. Voici les arguments les plus fréquents et les plus… insolites, que tu peux lui servir au lieu de sa maudite salade. Bien fait pour elle et ses photos Instagram de grano!

 

  1. Tu vas faire comment pour manger chez les autres?
giphy

 

Parce que c’est vraiment important de penser à ça. Non mais c’est vrai; elle va dire quoi à grand-maman pour se justifier de ne pas manger sa fameuse dinde à Noel? Fallait y penser avant de vouloir sauver le monde mam’zelle!

 

2. En gros, tu vas te mettre à juste manger de la salade?

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Oui. Juste ça. Ça remplace bien des Frosted Flakes, une bonne grosse feuille de laitue au déjeuner! Elle va bien devoir se rendre à l’évidence; elle va avoir des carrences de fer sans son gros Big Mac habituel. Et dire qu’elle croyait avoir pensé à tout… une chance tu es là pour lui rappeler que manger des animaux sans raison valable, c’est essentiel!

 

  3. Les humains ont toujours chassé, c’est dans notre instinct de manger de la viande!

 

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Aller, explique lui que nos dents ne sont pas faites pour mâcher du tofu fade, mais bien pour déchiquetter des gros morceaux de corps inertes! Après tout, c’est ce que nous avons toujours fait, non? Si nous étions vraiment herbivores, Dieu n’aurait pas placé tous ces animaux sur Terre pour nous tenter.

 

     4. Tu vas avoir des rages de junk food un jour ou l’autre.

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De tout façon, les pizzas végétariennes c’est juste un mythe, tout le monde sait ça. Et c’est pas parce que des tonnes de compagnies créent des aliments à base de végétaux reproduisant de la nourriture de source animale que nous devons les consommer, c’est absurde. Tant qu’à y être, mieux vaut tuer une vache directement.

 

    5. Si tu respectes les êtres vivants, pourquoi tu tues des légumes et des plantes?

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Non mais c’est vrai. Si un lion mange un agneau, il ne lui manque pas de respect, alors nous non plus. C’est la survie, la loi du plus fort. Le problème… c’est que nous pouvons survivre sans viande, pas le lion.

 

En changeant mes habitudes de vie et mon alimentation pour devenir végétarienne, je me suis fait dire toutes ces choses et plus encore. Je me suis fait dire que je voulais suivre une mode, être meilleure, supérieure. La vérité, c’est que j’ai vu des reportages, des tonnes de reportages, et que j’ai eu de la compassion. J’ai ressenti un besoin de changer ma vie, un besoin que certains ne ressentent pas nécessairement, et c’est normal. Et ça ne me fâche pas de me faire questionner, c’est normal. Mais le débat devrait-on ou non manger de la viande doit s’arrêter au moment ou le respect quitte la conversation. Si les mangeurs de viande veulent être traités avec équité dans leur choix, nous le voulons aussi.

 

Tes 5 résolutions indispensables

L’année tire sa révérence et les gens se précipitent comme à leur habitude sur ce principe d’objectifs qu’ils se fixeront pour que la prochaine année soit meilleure. Bien que je n’ai jamais été familière avec le concept de résolutions, j’avoue qu’il n’y a rien de mal à vouloir se donner des petits défis pour s’inspirer et mieux avancer dans ces 12 prochains mois. Voici donc pour toi, qui a peut-être autant de difficulté que moi à trouver ces objectifs, la liste de tes 5 résolutions indispensables à l’année 2016. C’est parti!

 

5. Lave-toi de tes complexes.

Celui-là est très important. Lis-le. Relis-le. Tu es une belle personne, tu possèdes une panoplie d’idées intéressantes et de visions du monde essentielles. Tu es peut-être ce genre d’être humain plus grand, ou même plus petit, tu as des formes, ou peut-être moins. Mais qui est-ce que cela doit concerner, mise à part toi? Personne. Alors pour 2016, promet-toi de savoir anéantir tous ces complexes qui te tracassent au niveau de ton physique ou de ton mental.

 

4. Laisse-toi croire en l’amour. 

Je ne te parle même pas de rencontrer ton prince ou ta princesse et de vivre heureux jusqu’à la fin des temps. Je te suggère plutôt de lever la tête de ton cellulaire et de prendre conscience de tout ce qui t’entoure, de tous ces gens qui composent ton environnement. Il y en a sûrement beaucoup parmi eux qui n’attendent qu’une fente de ta coquille pour voir en toi. Sache que l’amour se retrouve dans beaucoup de petites choses, un éclat de rire entre amis ou une partie d’un jeu de société en famille. L’amour émane de bien des façons, ouvre les yeux et laisse ce cliché t’envahir.

 

3. Prend beaucoup de photos. 

Pas trop de selfies s’il-te-plait. Mais ça aussi tu as le droit. C’est avec la rétrospective que je regrette de ne pas avoir photographié certaines parties de ma vie. J’en suis presque nostalgique, à réaliser que je devrai laisser ma mémoire essayer de tenir bond au fil des années qui s’écoulent si vite. Chaque moment immortalisé finira par être cette photo qui fait tant rire dans ton vieil album, alors saisis chaque occasion pour aider un peu ton petit cerveau à ménager sa mémoire à long terme. Il te remerciera plus tard!

 

2. Ose. 

C’est un classique; une vie sans erreurs est une vie sans apprentissages, peut-être même sans plaisir. Parce qu’au fond, commettre une erreur se fait souvent sous le principe d’une envie qui est née juste avant. Dès que tu arrives à établir un équilibre harmonieux entre ton bon sens et ta témérité, tu découvres ce bonheur de faire certaines choses que des gens trop bornés fuient comme la peste. Tu verras aussi qu’avec la gentillesse s’accorde la reconnaissance des autres. Si tu fais des choses stupides mais que tu les reconnais et que tu es gentil, tout s’annulera. Maintenant que tu possèdes le secret de la stupidité, exploites-le.

 

  1. Pardonne.

Pour ma part, 2015 s’est terminée avec un point assez ferme. J’ai décidé de pardonner des choses que l’on m’a faite et qui, sur le coup, me semblaient impardonnables. J’ai rapidement compris que je ne réussirais jamais à avancer et passer à autre chose avec tous ces démons qui me pourchassaient encore et cette haine que je conservais hermétiquement sans aucune raison valable par simple orgueil. Alors va de l’avant, prend ton courage entre tes mains tremblantes et va dire à cette personne qui t’a fait tant de mal que tu lui pardonne tout. Tu causeras probablement en elle une perplexité qui la surprendra et la fera beaucoup réfléchir; prend-le comme une douce vengeance toute gentille et bien légale.

 

Je te souhaite que la prochaine année t’offre des tonnes d’opportunités de te sentir mieux, de te démarquer et de te donner du bon temps. Saisis tout ce que tu peux et n’aie pas peur de rire, de pleurer, de crier, de chanter et de vivre. Ce sont les choses dont tu te souviendras le plus. Bonne chance!

 

Coup de pinceau

J’ai tout récemment réalisé à quel point mes cheveux ont du vécu, même après simplement presque dix-sept petites années de vie. Je les ai aminci, raccourci, traité, négligé et parfois même oublié. Mais au-delà de cela, je les ai teint. Plusieurs fois. Et malgré le peu d’importance que j’accorde à ce que les gens pensent de mon apparence physique, mes cheveux trahissent beaucoup ce que j’ai tout au fond de moi; de mes sentiments passagers jusqu’à ceux qui sont restés très longtemps nichés au fond de moi.

Le brun naturel

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Je pourrais mentir et dire que j’ai longtemps voulu rester la petite fille toute simple aux longs cheveux bruns très classiques. Sauf que la vérité, c’est que mes parents semblaient plus apprécier mes cheveux que moi, parce qu’il n’était pas question que je touche leur couleur initiale d’un seul doigt! Je ne leur enlève pas; chaque parent souhaite que leur enfant mise sur son développement intellectuel plutôt que sur la modification de son physique, les miens en particulier. Par contre, l’adolescence a frappé particulièrement fort sur mon caractère, et ils ont cédé à mes caprices insoutenables. J’ai reçu ma première teinture deux jours après avoir célébré mes quinze ans.

 

Le blond cendré (Wild Ombré)

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Cet ombré m’a valu six heures chez le coiffeur, ce dernier souhaitant rendre ma première expérience de changement capillaire «parfaitement parfaite.» En effet, le résultat final fut très réussit. Cette couleur a par-fai-te-ment traduit mon désir d’être comme toutes les autres jolies filles à la mode. Je ne manquais pas nécessairement de confiance, je dirais plutôt que je voulais vraiment expérimenter le côté fi-fille en moi. C’est dans les mêmes eaux que les talons hauts ont commencé à s’incorporer graduellement à mon garde-robe quotidien et que le maquillage sur mes yeux s’est accentué. Je rêvais des beaux cheveux blonds et épais des modèles de magazines, et je les ai eu… un certain temps. (Le bleach, ça tue un cheveu en ti-pépère!)

 

Le roux inconnu

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Après deux ans de blond qui se délavait et ce, lavage après lavage, j’ai voulu un changement radical. Pourquoi «roux inconnu»? Pour plusieurs raisons. La première était que je me lançais dans une modification dont j’ignorais le résultat. Jusqu’à maintenant relativement low profile et fashion, je voulais maintenant être davantage tape-à-l’oeil. L’ennui, c’est que cette fille qui a tenté d’être rousse durant des mois (soyons honnête, la teinture perdait son effet éclaté après deux jours à peine), ce n’était pas moi. C’était au cours d’une certaine période de ma vie où je voulais plaire, mais au fond, je ne me plaisais pas. J’étais le reflet de ce que l’on voulais de moi, et non de ce que j’étais. Cette coloration m’a valu beaucoup de dommages aux cheveux, et au coeur.

 

Le noir brûlant

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Après avoir vu mes cheveux dans tous leurs états, j’ai décidé de mettre fin à l’image qui ne me correspondait pas. La rousse fade en moi qui avait trop essayé d’être aimée a finalement voulu se respecter et revêtir la couleur la plus poétique et mitigée à laquelle elle pu penser; le noir. C’est donc sur un coup de tête que je me suis ruée à la pharmacie pour m’acheter le brun le plus foncé qui allait pouvoir noyer ces quelques mèches rougeâtres et tristes. Pour la première fois depuis un sacré bout de temps, je me suis regardé, et tout ce que j’ai pu me dire, c’était: «Te revoilà. Enfin.»

 

Bonus: Le rainbow style 

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Il y a des jours comme ça où les mauvaises idées nous prennent par surprise. Cette journée là, j’ai aspergé ma chevelure d’exactement quatre teintures temporaires différentes, désespérée que les premières n’aient aucun d’effet. Sur des cheveux noirs, ben oui! Donc me voici, avec du mauve, du bleu, encore du mauve, puis du rose:

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Redonner au monde ce qui lui appartient

«My life is my message.»

-Gandhi

On peut tous changer le monde, mais encore trop de personnes l’ignorent. On tourne le dos à la possibilité d’une égalité entre les êtres vivants et à la reconnaissance des droits et libertés de tous. Depuis que je suis une toute petite fille, ma mère me montre comment bien manger, prendre soin de moi et apprendre à ressentir de la compassion pour les autres. Tous ces éléments, qui semblent pourtant être banals et évidents, sont en fait un défi de tous les jours pour moi comme pour beaucoup d’autres. C’est seulement depuis peu que j’ai décidé d’enfin appliquer les façons de vivre de ma chère maman de plusieurs façons concrètes. Bien que je ne sois qu’un petit point dans l’univers: voici comment JE veux changer le monde.

Le respect de toute forme de vie

Après le visionnage de multiples reportages, tels que Forks Over Knives et Cowspiracy (disponibles sur Netflix), ma vision du monde a changée, et croyez-moi, c’était loin d’être positif. Entre la réalité des impacts de la consommation de la viande animale sur la santé humaine et les traitements horribles infligés à plusieurs espèces, je suis devenue ovo-lacto-végétarienne très radicalement. Cela impliquait d’éliminer de mon alimentation la viande rouge et la volaille, mais de continuer à consommer du lait et des oeufs, ce qui faisait alors de moi une végétarienne «non-stricte», comme ils disent. Mais après maintes recherches, davantage de reportages et d’informations venues d’un peu partout, mon envie de continuer à prendre des produits de sources animales se dissipait. Les gens ne savent que très peu l’envers du décor et ce qui se passe réellement dans les abattoirs. Malgré les réglementations, il ne passe pas par l’esprit de la population qu’aucun être vivant ne peut consentir à être blessé, restreint dans ses mouvements, abusé pour son lait et sa fourrure et tué pour être servi à une race prétendue «supérieure.»

La compassion… pour tous!

Ce morceau là est plus difficile à avaler, peu importe ce que vous allez me dire. C’est même presque ironique, considérant mon premier point: pardonner et comprendre tout le monde, même ceux qui blessent les animaux? Et bien, oui. Il faut réussir à se mettre dans la peau des gens, porter leur paire d’ yeux et regarder le monde à leur façon. Il faut accepter que personne ne pointe exactement dans la même direction et que les connaissances d’un sont la barrière d’un autre. Pardonner son précédent est nécessaire pour croiser la route de son prochain, c’est une étape qui se traverse avec peine et humilité. Parfois, marcher sur son orgueil est inévitable pour réussir à franchir le cap de la compréhension pour toute forme de pensées humaines, même celles qui vont à l’encontre de nos valeurs. Voilà justement la beauté de la diversité; faire face à la vérité, celle qui nous dicte que personne n’a la réponse à la vie, que nous ne possédons tous que de simples théories à celle-ci.

La prise de conscience de son environnement, direct et indirect

Je ne cacherai pas que le bouddhisme m’a beaucoup guidée vers la possibilité d’atteindre cet aspect. Je sais que le concept est vague, alors laissez-moi vous le décortiquer brièvement. Nous naissons au sein d’une Terre qui nous offre eau, nourriture, espace, oxygène et verdure. Inutile de vous préciser que nous détruisons littéralement ces éléments au fil des siècles, mais la grande rêveuse en moi croit encore en la possibilité de se racheter auprès de notre mère première, la planète. Hippie? Grano? Traitez-moi de ce que vous voulez. Mais laissez-moi vous assurer que ma paix d’esprit et ma santé mentale et physique se portent beaucoup mieux depuis que je médite et que je fais plus que simplement inhaler et expirer de l’air: je le consomme, le considère comme la clé de ma vie et une chance incroyable. Mes sens sont plus éveillés que jamais, chaque endroit ou je vais me démontre que nous foulons un sol empli de richesses inestimables qu’il faut cesser d’exploiter, de prendre pour acquis et de détruire.

Sur ce, il faut simplement retenir que quelque chose, quelque part dans l’univers nous a laissé vivre sur un espace débordant d’espèces vivantes, de couleurs et de différences, et que respecter l’ensemble de la vie végétale, animale et humaine est une base à intégrer à son mode de vie pour se sentir heureux.

Namasté  (Salutations)

Violence rime avec Enfance

Melanie Martinez est une jeune chanteuse de 20 ans seulement, connue aujourd’hui grâce à la célèbre émission télévisée The Voice dans laquelle elle faisait parti de l’équipe d’Adam Levine. Le style marginal et éclaté de l’artiste parle beaucoup pour elle, et ses allures de jeune poupée de chiffon aux cheveux arc-en-ciel et aux tatouages de gâteaux colorés la rendent incroyablement attachante. Mais ce n’est pas pour rien qu’elle s’est elle-même rapidement attribuée le surnom Cry Baby, bébé qui pleure en français. En effet, derrière ses titres intrigants aux sonorités enfantines tels que «Milk and cookies» ou bien «Dollhouse», se cachent des textes portant sur des sujets effroyables. En fait, plus précisément toutes les chansons de la jeune puerto-ricaine traitent de crimes tristes et aberrants dont beaucoup de personnes sont victimes, et ce, dans le silence le plus noir.

C’est pourquoi je me suis attardée sur trois succès de son album intitulé Cry Baby, parut en aout dernier, pour vous exposer les tréfonds de nos pires travers en tant que société. Étudier attentivement de telles trames et paroles fut sordide et sadique pour mon jeune cœur. Violence domestique, abus sexuels et superficialité sont au rendez-vous derrière des mélodies de comptines naïves et entraînantes. (Tous les liens pour les chansons sont à la fin de l’article.)

  1. Tag, You’re It (C’est toi la tague)

Tag you're it

Le titre à lui seul nous guide vers la voie de l’un des jeux les plus populaires de notre enfance, la fameuse «tague». Je te cours après pour essayer de te toucher, aller vient, on va rire. Les esprits les plus vifs d’entre vous auront rapidement compris sur quel genre de terrain cette chanson courrait…

La première écoute de cette piste peut sembler si légère, mais le pire arrive rapidement, et alors, la subtilité n’est plus. Les paroles «let me take you for a joy ride, I’ve got some candy for you inside» prononcées avec une voix modifiée très grave nous tire violement vers le stéréotype parfaitement modelé du pédophile qui attire la fillette dans sa voiture. C’est ensuite que le refrain nous frappe en plein visage avec des mots qui éveillent le cauchemar de n’importe qui, soulignant un viol imminent de la part d’un homme abusif envers sa copine… ou une enfant.

Grabbed my hair and pushed me down, took the words right out my mouth; tag, you’re it, tag, you’re it…

2. Mrs. Potatoe Head (Madame Patate)

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Pour ceux qui ont prêté une lecture, aussi minime fut-elle, à mon deuxième article portant sur le sexisme, vous avez vite perçu mon penchant féministe. Voilà pourquoi Mrs. Potatoe Head m’a beaucoup accrochée, musicalement, mais aussi psychologiquement. Encore sur le terrain de jeu, Martinez s’amuse cette fois-ci avec Madame Patate en la comparant à la femme parfaite que la société moderne recherche. Au cours de sa chanson, elle la démembre, l’expose et la décrit de façon presque indécente, mais la naïveté de l’enfant règne tout de même, laissant le message planer en subtilité.

C’est à ce moment qu’il faut réaliser que l’on place entre les mains d’un enfant un jouet qu’il moule à ses désirs, tout comme les magazines et les médias mouleront plus tard cet enfant en l’attaquant d’images absurdes. Cette chanson sur les chirurgies esthétiques nous le met sous le nez.

Don’t be dramatic, it’s only some plastic, no one will love you if you’re unattractive. Oh, Mrs. Potatoe Head, tell me, is it true that pain is beauty?

3. Sippy Cup (Gobelet)

sippy cup

La meilleure pour la fin, parce que l’analyse de cette chanson fut tout un défi. Bien que le vidéoclip soit assez explicite, les paroles cachent bien plus qu’un message. Tous les identifier prend plus de temps que vous ne le croyez, c’est pourquoi je vous invite à l’écouter et à me partager ce que vous en tirez. Voici ce que moi j’en ai pensé.

En premier abord, le sujet de l’alcoolisme est clairement souligné. La référence à l’enfance est qu’un gobelet est ce que l’on utilise pour mieux faire passer le mauvais sirop pour le rhume aux enfants. On peut percevoir sous les premiers propos que tout ce qu’on tente d’oublier avec l’alcool reste indemne, ne s’efface ni se dissipe. Boire, c’est se mentir à soi-même et faire du mal à son entourage.

Blood still stains when the sheets are washed

(Le sang tache même si les draps sont lavés)

He’s still dead when you’re done with the bottle

(Il reste mort, même si tu vides la bouteille)

Plus tard dans la chanson, le manque d’estime de soi et la dépression sont fortement apportées avec une vague de mots lourds, pas du tout implicites. Le texte fait mention du concept de suivre le troupeau pour ressembler à tout le monde. Mais, encore une fois, l’entrain de la chanteuse nous fait presque oublier que l’on sous-entend ici l’histoire d’une famille démolie par l’abus, les mensonges et la solitude.

If they say to kill yourself, then you will try it

(Si ils te disent de te tuer, alors tu essaieras)

All the make up in the world won’t make you less insecure

(Tout le maquillage du monde ne pourra te faire sentir plus en sécurité)

Bien que plusieurs autres concepts troublants se tapissent sous les chansons de Melanie Martinez, je vous ai exposé les plus flagrants. À vous de découvrir le reste de l’horreur, mais avec le bonheur d’écouter une artiste dotée d’une voix exceptionnelle, d’un talent d’auteure incomparable et d’une originalité rafraichissante. Je recommande d’ailleurs fortement le titre Soap, de loin mon favori. J’aurais pu le traiter, mais je vous en laisse le plaisir.

Voici les liens pour écouter les chansons mentionnées:

Tag, You’re It

Mrs. Potatoe Head

Sippy Cup (vidéoclip)

Soap (avec le clip méga psychédélique, good luck)

Au delà des barrières

Le défi le plus enrichissant à relever dans la vie est celui de s’ouvrir au monde. Oser approcher une personne qui semble avoir les mêmes intérêts que nous sans même la connaître, s’arrêter près d’une vieille dame et lui demander de nous raconter son histoire ou même entrer dans une librairie et acheter le premier livre qui tombe sous nos yeux. C’est aussi d’écrire un article sur un sujet qui nous passionne en se donnant la permission d’être journaliste d’un jour. Le bonheur ne se retrouve pas uniquement dans la routine, il s’offre à celui qui voudra bien aller plus loin que ce qui est devant lui. Se déconnecter des réseaux sociaux et plutôt opter pour une discussion autour d’un bon café chaud est l’un des moyens les plus efficaces d’ouvrir ses horizons, de poser des questions à quelqu’un d’autre, de l’écouter un instant, sans parler, et de réaliser que sa façon de voir les choses est absolument intrigante.

Tous les jours, nous nous fixons des limites en croyant qu’elles sont nécessaires. On ne sourit pas à la caissière du dépanneur pour ne pas paraître étrange, alors que lui demander si sa journée est belle jusqu’à présent la rendrait probablement légère jusqu’au soir. Nous redoutons les autres, s’éloignant de l’inconnu pour se blottir dans un confort habituel alors que l’étranger nous mène parfois vers des concepts merveilleux. Comment est-ce possible de se forger une opinion sur l’univers sans avoir demander au reste du monde ce qu’il en pense? Les plus belles rencontres sont parfois celles qui s’établissent graduellement, sans intention particulière, en s’acheminant simplement dans le moment présent. Nous jugeons la religion sans même s’être recueilli une seule fois dans une église ou bien avoir jeté un oeil à la Torah, tout comme l’enfant boude un plat sans y avoir goûté. C’est en lisant des écrits philosophiques et en se plongeant dans un sujet que nous redoutons avec préjugés que nous vivons réellement. Parce qu’au delà du travail, de l’argent, des tâches, des devoirs et des responsabilités, le monde est composé de couleurs, de sons, de pensées et de mémoires incroyables qui n’attendent qu’à être découverts.

Alors commencez à vivre maintenant. Faites du vélo sous la pluie, discutez de votre théorie sur la création de l’univers à celui qui voudra bien vous prêter une oreille attentive et intéressée, appréciez le son d’un vinyle qui tourne, lisez, mangez, aimez, riez, écoutez, apprenez et surtout, appréciez.

Un jour, lorsque je faisais visiter le centre-ville de ma région à un ami, je lui ai demandé ce qu’il voulait faire. Il a simplement répondu «Tout.» Et c’est exactement ce que je veux faire dans la vie. Tout.

Je m’excuse d’être une Femme.

Je suis née comme un objet vulgaire qui pousse à la perversion. Mes jambes sont des morceaux de viande que je devrai cacher à tout prix pour ne pas me faire accuser du viol dont je serai surement victime par ma propre faute. Une fois entrée à l’école, je regarderai les autres de ma Race, la Race Inférieure. Cette lignée de créatures descendues de la côte de l’Homme tout puissant, celui que nous devons vénérer. Je me plierai aux règles pour être comme les autres de mon espèce, même si je sais que je n’arrêterai jamais d’être blâmée pour ce que je suis. Pour tenter les autres, je devrai rester mystérieuse, ne pas trop m’affirmer, car tel est mon destin, n’est-ce pas? Une Femme ne parle pas. Je ne dois pas avoir d’opinion, il faut en laisser pour l’Homme. C’est lui qui sait, lui seul qui possède la raison. Ma tête est vide, je n’entretiens en elle que de simples idées restreintes de ce que je perçois du monde, je suis programmée pour me dénigrer moi-même afin de suivre un mouvement qui me déteste. Je ne ferai aucun sport, car ce n’est pas de mon essors d’avoir recourt à de telles pratiques, mais je devrai tout de même rester menue pour perpétuer cette conception de perfection que je ne suis absolument pas selon le regard de la société. Alors je me laisserai crever de faim pour sentir mes os fréquenter ma peau de trop près, alors seulement là je serai ce que je suis destinée à être. Un objet tentant qui sera blâmé de l’être. Lorsque je me détournerai de mes obligations pourtant simples de femme, je m’excuserai, sinon, on risquerait de me dévisager comme si je trompais ma Race. Au collège, les surveillants arpenteront les corridors et m’observeront de la tête au pied. Si mon épaule dépasse un peu trop, ou qu’encore pire, la démarcation de ma poitrine est entrevue, je serai escortée au bureau pour recevoir un avertissement. Ça n’arrivera plus, pardonnez ce corps offensant que je n’ai pas choisi. Je croiserai, plus tard, un Homme qui marchera torse nu dans la rue. Je devrai l’admirer; quelle grâce d’assumer ainsi ses attributs. Voilà ce que la confiance en soi représente. Moi, je n’y aurai jamais accès complètement. Mais ce n’est pas grave, je resterai la simple image obscène et enviable que les autres tendent à dénigrer et rabaisser.

Évidemment, ce texte est une triste hyperbole de ce que les femmes vivent, à petite ou même à grande échelle, depuis des décennies. J’aurais pu utiliser les termes «salopes» ou «dépravée» pour arriver au même résultat, mais la vérité, c’est que la femme est véritablement modelée comme nous la voulons tous, et malheureusement, en suivant grassement le modèle que mon texte propose. Si tu es une personne de sexe féminin et que tu lis ceci, garde en tête que ce modèle parfait ne doit pas te correspondre. Je t’invite à continuer de te battre à mes côtés, à élever ta voix, à faire le métier que tu souhaites et à assumer le corps que tu as. Et, au risque d’être pointée du doigt pour mes propos probablement jugés comme étant pervertis selon la société actuelle, notre corps est comme celui de l’homme sur le plan éthique, et non biologique. Nous sommes des âmes, pas de la viande, et exposer notre chair n’est pas plus déplacé que de constater admirablement celle des hommes. Si je suis pour le mouvement Free the nipples? Bien sûr. «Alors prouve-le et fais-le!» Non, simplement parce que j’ai d’autres moyens d’entretenir mon combat contre le sexisme. Mais si il y a bien une promesse que je puisse officialiser avec mes lecteurs, c’est que tant que la discrimination sera inégale au niveau des sexes, je crierai à l’injustice.

L’hyper-sensibilité derrière ma marginalité

Être un hyper-sensible, c’est exactement comparable au fait d’être en proie à une maladie sempiternelle qui ne s’atténuera jamais. Il s’agit non seulement de porter chaque jour le fardeau de ses émotions, comme si elles étaient constamment prêtent à sauter au visage des gens, mais aussi d’envisager avoir à vivre avec ses états d’âme controversées, voire même pratiquement violés par le monde extérieur, et ce, jusqu’à la fin de sa vie. Quelle que soit la situation, une personne dotée d’une sensibilité extrême se verra parfois même être entrainée dans toutes sortes de tourbillons plus néfastes les uns que les autres, tels que l’anxiété, la déprime, l’insomnie, la perte d’appétit, l’angoisse… la liste est longue. Le problème apporté par cette proximité qu’un hyper-sensible entretient avec ses émotions parfois suffocantes est que son cerveau ne cesse jamais de bouillir sous le poids de souvenirs mélancoliques et de pensées tragiques. Mais il est possible d’apprivoiser son hyper-sensibilité, non pas de la maitriser, mais bien de réussir à la tourner en attrait plutôt qu’en faiblesse. Après tout, les émotions humaines les plus intenses, une fois rassemblées, ne sont-elles pas un tableau magnifique, à la fois sombre et somptueux?

C’est en entrant dans mon adolescence qu’une partie de moi s’est vue être dissipée dans un néant que j’avais éparpillé malhabilement autour de moi. Chaque fois que je créais un lien avec quelqu’un et que ce dernier se détruisait, je cherchais à comprendre pourquoi. «Pourquoi les gens entrent dans nos vies, puis quittent brusquement, sans même laisser un petit mémo sur la table avant de claquer la porte?» J’avais peur de l’amour et j’étais littéralement effrayée par l’idée de me tenir trop près des autres. Je me suis bâtie un mur en cherchant mon identité, mes intérêts et mes aspirations. Mais quand on entreprend une telle démarche seul, tout se casse graduellement. Mes pensées se sont noircies rapidement, comme la mine d’un crayon qui s’effrite sur le papier vierge. Je m’enfermais dans ma chambre en j’adoptais tranquillement une solitude malsaine qui me permettait de ruminer mes pensées. Je m’estompais de la réalité et je pleurais sur mon passé, sur mes liens brisés et mon cœur, quant à lui, semblait défoncé par la haine que j’avais moi-même nourrit. Une haine dirigée vers tout ceux qui m’avaient fait mal, ceux à qui je donnais délibérément le fardeau des mes tourments. Je semblais plus faible que jamais et j’éloignais les possibilités de me sauver. C’est à ce moment de ma vie que j’ai découvert mon hyper-sensibilité.

Inutile de mentionner qu’aimer quelqu’un était plus que destructeur pour moi. Je m’attachais tellement rarement que l’affection que je permettais de laisser entrer dans ma vie devenait un pilier, un support trop instable. «Les gens partent toujours.» Je le savais, pourtant. Mais je taisais cette voix qui me le répétait. Je suis resté trop longtemps avec une personne qui avait en tête de partir depuis le tout début. J’étais au courant que les espoirs tristes que je conservais en moi de voir cet amour revenir un jour étaient des cadavres, des restants de quelque chose qui avait été heureux pour un petit moment. Ma peine a été grande, et elle l’est encore. Je suis blessée, marquée au fer rouge par quelque chose de plus grand, de plus fort que moi.

Mais j’ai grandis. J’ai réussis, au fil du temps, à transformer la noirceur de mes idées en grandes fresques peintes. Je pleure encore beaucoup et je suis une solitaire comme j’étais destinée à l’être, mais je partage ma solitude avec des gens qui sont prêts à l’approcher. Je suis devenue une marginale, me plaisant à me décorer d’un cynisme et d’une ouverture psychologique aussi grande que je puisse me le permettre. J’ai convertis les nuances sombres de mon âme en tableaux extravagants sur mes vêtements, tentant de travestir mon pessimisme en sarcasme ambulant. Je balance publiquement mes intérêts entre la politique et mon amusement pour les idées saugrenues qui me viennent régulièrement en tête. Je m’isole avec humour et mon entourage sait que je ne meurs jamais de mon ennui. Je le laisse m’inspirer, tous les jours. J’aspire à écrire de la poésie dépeignant mes épisodes narcissiques-dépressifs sans honte ni censure, car je suis telle que je me suis peinte. Mon hyper-sensibilité ne m’a pas achevée; ma marginalité m’a sauvée.