S’engager tout croche

Je n’affectionne vraiment pas particulièrement les longs textes à l’eau de rose et de chagrin, ça m’a toujours un peu repoussé, les fameux articles plaintifs qui s’appellent ‘’Hey fille, je sais que t’as mal’’ ou ce genre de choses-là, ça m’écœure. Pour être honnête, je vomis un peu dans ma bouche quand j’en vois apparaître sur mon écran. Je reste tolérante parce que pour moi, toute forme d’écriture est de l’art et c’est important de respecter l’art d’autrui, c’est même essentiel, alors à ceux qui adorent composer ce genre de texte; do you, keep up my friends. Corrigez vos fautes de base après par contre, ça paraîtrait mille fois mieux.

 

C’est vraiment la première fois que je daigne me lancer dans un texte qui parle de relations amoureuses. J’aimerais dire que tout est objectif dans ce que je dis, mais pas vraiment. Ça prend vraiment une âme écorchée comme la mienne pour créer ce que je crée parfois, c’est dommage, mais pour quelqu’un qui veut vivre de sa plume, construire autour d’un vécu véritable demeure une approche plus tangible et aisée. Je n’ai jamais été exposée à d’horribles drames, j’ai une vie relativement facile et paisible jusqu’à présent, mais comme beaucoup d’autres individus, j’accordais déjà trop d’importance à mes émotions passionnées, impulsives et passagères à quatorze ans.

 

C’est facile de se faire briser le cœur quand tout ce qu’il y a de sérieux à tes yeux au début de ton secondaire 2, c’est de te faire embrasser avant d’embarquer dans ton autobus scolaire à la fin de la journée. Tu bases tes premières expériences de vie sentimentale là-dessus et, par la suite, si ça a le malheur d’échouer, et bien tu t’en souviendras comme le grand drame que c’était dans ta tête à c’t’âge-là. Flash news; tu as désormais dix-huit ans mais tu maudis encore le p’tit criss qui a eu le culot de te flusher devant le bus un fameux soir où tu attendais ton bec habituel juste avant vos trois mois de couple officiel.

 

J’ai l’air d’être pleine de jugements et très haut placée sur la pile de mes expériences, mais je viens de me décrire. Ben oui, la peine que j’ai eue à ce moment-là se reflète encore sur ce que je pense de moi-même et des relations amoureuses aujourd’hui. Tout était gros, tout était lourd, les études devenaient difficiles quand mes interactions sentimentales tournaient au ‘’cauchemar’’ quand j’étais au secondaire. Ben oui, je voyais ça comme me faire ‘’tromper’’ quand mon chum me disait qu’une fille lui avait envoyé des photos osées en chandail serré pendant la fin de semaine. C’est dommage parce que j’ai tellement placé toutes ces histoires là dans mes priorités, avant même de me concentrer sur ce que je devenais comme être humain indépendamment de tous ces petits incidents cons, que je vis beaucoup d’insécurité aujourd’hui. Si à quatorze ans la fille en chandail moulant était plus intéressante que moi, peut-être que la fille de l’autre côté de la rue en ce moment même l’est aussi?

 

Pourquoi il se faisait envoyer des photos? Est-ce que j’étais insuffisante? Le mauvais réflexe que j’ai encore aujourd’hui, c’est de me regarder dans le miroir un matin où j’avais prévu partir vite et quand même prendre trente minutes de mon temps pour me maquiller, quitte à arriver en retard, parce que le sentiment d’encore être insuffisante me fait peur. Je suis anxieuse face à l’idée de me faire crisser là du jour au lendemain.

 

Y’a autre chose de bien compliqué à gérer au cœur de l’adolescence; on est méchants et on ne le sait pas toujours. Cher ‘’ex-fréquentation’’ de mes quatorze ans, je te pardonne de m’avoir envoyé des textos vraiment longs dans lesquels, parmi tes fautes grammaticales à chier, tu me traitais de conne et même de salope. Sauf qu’aujourd’hui, les trois petits points que je vois sur mon écran pendant que mon interlocuteur écrit depuis cinq minutes me font trembler, me rendent anxieuse, me font me demander si je vais encore me faire traiter de conne par quelqu’un que j’aime. Je suis pourtant avec quelqu’un de bien, non? À dix-huit ans, je devrais pu avoir la chienne de me faire insulter par un être aimé?

 

Je me suis investie trop vite. C’est vrai que ça suce, ça me rend beaucoup trop incertaine et la barre de mes attentes me semble encore trop haute, même si j’essaie fort de la faire redescendre; des fois, ça signifie piler sur ma douleur interne et mes souvenirs. L’adolescence, c’est le moment où on se donne trop à fond dans des émotions qui n’existent même pas, qu’on bâti sur des illusions qu’on voudrait trop voir naître, et qui échouent trop vite.

 

J’m’excuse, mais l’adolescence, c’est pourri.

Et pourtant (Billet féministe)

 

 

Une pensée populaire partagée entre certains hommes bien conscients de leurs privilèges souhaite faire porter au féminisme une étiquette tristement discriminatoire et fausse envers le sexe opposé. C’est de là qu’est né le principe d’égalitarisme, un terme étrange issu d’un fâcheux malentendu; alors que les femmes poursuivent avec une émouvante ardeur la lutte pour l’acquisition intégrale de leurs droits fondamentaux, plusieurs messieurs se sont vus être offusqués et effrayés d’assister à une bataille cherchant à les détrôner de leur confortable rôle de meneurs respectés. Alors que j’ai moi-même eu droit de me faire remettre à ma place en m’exprimant publiquement sur le sujet, l’envie m’est venue de remettre les pendules à l’heure. Il n’est jamais trop tard pour s’éduquer avant de s’insurger et de se prêter au jeu des définitions pour véritablement savoir pourquoi on crie au loup. À tous ces garçons qui m’ont blâmé de me défendre, qui m’ont lancé les pires arguments pour m’accuser de m’auto-victimiser et pour me prouver la CHANCE que j’avais, moi, d’être une femme en cette société qui est la nôtre; lisez.

Mais qu’est-ce qui vous fait donc si peur? Aussitôt que vous voyez par malheur une médiatisation promotionnelle positive de l’appropriation qu’une femme se doit de faire de son propre corps, la panique vous habite. Vous attaquez, c’est dégueulasse une fille qui se rase pas, c’est notre fœtus à nous aussi, fuck l’avortement. J’exagère?

Et pourtant, j’ai véritablement vu ces commentaires, et il y en a des pires. J’en ferai la liste plus loin. Ce qui me ronge, ce ne sont pas les propos tenus en soi, mais plutôt  les gens derrière ceux-ci qui n’y voient aucun problème. On me répète sans cesse que je n’ai pas à me plaindre d’être traitée différemment à cause de mon genre.

Et pourtant, je vous assure que mon école secondaire (que j’ai heureusement quittée il y a de cela quelques mois) continue de s’insurger devant les épaules découvertes de jeunes filles qui sont là pour se scolariser, et non se sexualiser. C’est un bien vieux discours qui ne cessera de m’attrister, et beaucoup savent que je me suis battu pour cette cause, sans arrêt. De toute façon, si elles veulent se dénuder, ce sont elles qui auront à vivre avec les conséquences de leurs actes en se faisant attribuer les surnoms pute, salope, trainée. Mais non, les jeunes garçons savent nous respecter, maintenant!

Et pourtant, si l’on s’attarde aux catégories de films pornographiques les plus visionnés, Teen Sex est en sixième position et 79% des jeunes sont accidentellement exposés à de la pornographie via le web. (Online Victimization of Youth: Five Years Later, 2006). Par contre, cela ne représente absolument rien. Effectivement, aucun idéal sexuel n’est imposé dans la tête des adolescentes à cause de ces films dits ‘’adultes’’, puisqu’elles sont libres, indépendantes et conscientes que leur corps est LEUR corps.

Et pourtant, il existe une banalisation et une normalisation de l’établissement du sexisme avec l’intégration de stéréotypes affectant gravement l’égalité homme/femme. La femme, au fil des années et malgré tout ce qu’on en dit, porte encore un rôle d’objet dans le monde de la publicité et est représentée comme une figure se voulant plaisante pour l’homme. Mais il faut faire attention; AUCUN homme ne participe à ce principe dégradant de son plein gré, chacun cherchant à alimenter le féminisme de son mieux, car salir cette cause rimerait à reculer des siècles en arrière…

…et pourtant, ce n’est pas le cas pour tous. Je suis capable d’affirmer avec certitude que plusieurs humains, hommes et femmes, sont en quête d’une égalité entre chaque être et avancent en harmonie avec le mouvement féministe pour vaincre les privilèges instaurés par l’Homme Blanc et Riche depuis le début des temps.  Certains, par contre, ont cru  qu’il serait plus juste d’inventer ‘’l’égalitarisme’’, croyant que le féminisme visait à laisser les femmes prendre le dessus sur le monde entier et devenir… enfin, ce que les hommes ont été longtemps et sont encore malheureusement aujourd’hui, dominantes. Le terme ‘’méninisme’’ a même fait son apparition, cherchant à renverser certains stéréotypes pour démontrer que les hommes aussi sont les proies d’un système injuste les réduisant à un rôle patriarcal faussement attribué.

Je constate tristement tous ces combats en me disant, très ironiquement, que tous ces clans se battent initialement pour la même raison; l’égalité homme/femme. Au lieu de travailler de concert, ils se rabaissent, s’insultent et se tachent entre eux parce qu’une crainte injustifiée persiste, la peur que la femme soit entièrement perçue comme l’homme. Sur le plan social et personnel, que l’on parle de salaire ou de préjugés.

Je souhaite vraiment terminer ce billet sur une note plus sombre en citant quelques commentaires que j’ai recueilli durant mes recherches sur le sujet. Ces opinions reflètent une grande incompréhension du féminisme qu’il est temps d’abattre. La mauvaise conception de ce mouvement est ce qui le mène vers des obstacles. *

*Les propos suivants sont rapportés mot pour mot et leurs auteurs sont nommés, ainsi que le contexte des commentaires. Comme ceux-ci étaient initialement publiques et assumés, je ne voyais pas le problème de les rapporter.

 

‘’The Reason A Feminist Rejected Her Son Is All The Proof You Need That Feminism Is Poison’’ (titre d’un article en provenance de meninism.net)

‘’So they cry when they are objectified and cry when they aren’t. Shocker’’

Skye Hebert, commenté sur a photo d’une femme en costume de bain.

‘’I need meninism because the movie Magic Mike promotes an unrealistic expectation of how men’s bodies should look.’’

-De la page Facebook Meninist.

‘’3 months ago I said Hi to a feminist. She said Hi back. Just kidding. She posted 300 status about how I terrorized her’’

-Raja Tlha Ul Hassan, commenté sur la page Meninist (parce que rire de la culture du viol c’est drôle j’imagine)

‘’It takes two to tango, sweetheart. That fetus doesn’t only belong to the mother.’’

Mike Lanning, commenté lors d’un débat sur l’avortement (merci pour l’éjaculation, vas-tu participer à l’accouchement aussi? Ah non.)

Les Toxiques.

J’écris cet article suite à une grande réflexion sur moi-même qui s’est échelonnée sur pratiquement plusieurs mois. Je rédige aussi en légère connaissance de cause; mon but ici est en fait de dresser une liste établissant le portrait de ce à quoi peut ressembler un lien interpersonnel toxique. À un moment ou à un autre, je crois que chaque individu rencontre sur sa route une personne qui lui nuira de façon parfois si subtile que rien ne pourra le convaincre de pousser cet élément négatif hors de sa vie. Que ce soit au travers de la manipulation ou de commentaires désobligeants camouflés sous de faux titres, nous expérimentons tous la toxicité. Il est d’ailleurs grandement temps de non seulement la chasser, mais en repérer les signes et se respecter suffisamment soi-même pour ne plus jamais accepter d’y faire face et abdiquer.

 

  1. Le jugement.

Vous commencez à vous éprendre d’un intérêt soudain pour les arts, vous qui étiez plutôt de nature sportive. Vous lisez donc différents articles, visionnez des documentaires traitant d’œuvres postmodernes ou contemporaines et décidez de concrétiser cette curiosité en passion. Pourquoi pas débuter des cours de peinture? Vous en parlez à cette personne avec qui vous partagez beaucoup de vos pensées; Le Toxique. Il vous répond: ”C’est ridicule. Tu n’as jamais aimé l’art. Pourquoi maintenant? Il n’y a absolument rien dans ce que tu me dis qui concorde avec ta personnalité. Laisse tomber.” Cela doit être un conseil judicieux… après tout, il vous connaît mieux que quiconque. Pourquoi le contredire? Remettez vous au tennis et oubliez tout.

Malheureusement, cette situation est plus que nocive et fréquente, qu’elle se dégage d’un lien parent/enfant, frère/sœur ou entre amis. Nous n’avons tous qu’un passage sur Terre, et le gaspiller en se  restreignant à la perception qu’un seul être a de vous est du gâchis pur. Prenez les devants sur vos pensées, cessez de chercher l’approbation des autres. Il est temps de s’y mettre.

 

2. La solution rapide par la manipulation.

En couple depuis maintenant 4 ans, tout semble bien aller avec l’être aimé. Vous passez beaucoup de temps ensemble, il est d’ailleurs vrai que parfois, vous avez besoin d’espace… mais votre douce moitié ne semble pas du même avis. Bon, peu importe, tant que tout fonctionne relativement bien entre vous. Par contre, plusieurs éléments étouffants tournent tranquillement dans votre tête; peut-être est-il temps de prendre une pause. L’évocation de ce besoin de temps pour vous recentrer sur vous-même rend votre âme sœur folle furieuse; le conflit éclate. Arguments qui n’en finissent plus. Pour tout régler, l’élu de votre cœur vous propose un marché; envoyez lui donc des photos coquines, ou bien réglez tout sous la couette et n’en parlons plus! Le Toxique le propose de façon si douce et charmante, c’est donc probablement la solution propice à adopter… mais vous a-t-il réellement écouté? A-t-il prêté attention à vos besoin, ou plutôt à ses pulsions?

Le classique d’une relation abusive qui, pourtant, semble si parfaite vue de l’extérieur. Les apparences sont souvent trompeuses. Jamais vous ne devriez accepter que l’on se joue de vous, que l’on vous manipule pour obtenir ce que l’on veut et surtout, que vous ne soyez pas écouté convenablement. Une relation amoureuse se doit d’être axée sur la communication et le respect. Cela semble être un bien vieux discours; et pourtant, encore beaucoup n’ont pas prêté attention à ces sages paroles. Moving on to the next one!

 

3. Dénigrement puisque affinité.

Une amie vous écrit, il y a longtemps que vous n’êtes pas allé prendre un verre, il serait grand temps! Vous vous souvenez malgré tout que cette fille-là, elle n’a pas la langue dans sa poche. Toujours directe avec tout le monde. Mais vous l’aimez comme ça, non? Vous vous mettez sur votre 31, impatiente de la revoir. Jolie jupe, talons hauts et maquillage sont au rendez-vous. Première entrée au bar et déjà, elle est assise devant le barman et vous crie de l’autre bout de la pièce: ”Woow, t’as toujours l’air de la salope que t’étais!” en éclatant de rire. Vous, vous riez jaune. Tout le monde dans la place vous regarde et leur expression faciale n’est pas flatteuse. Il s’était écoulé quelques mois sans que vous n’osiez porter des vêtements un peu plus révélateurs; l’estime de soi n’est pas votre force, elle le sait pourtant.

Exemple davantage féminin mais qui s’applique tout autant chez les hommes. Entre boys, tout est à prendre à la blague à ce qui parait. Mais ce ne sont pas toutes les pilules qui sont faciles à avaler. Se faire traiter de tapette par les autres joueurs de votre équipe de hockey dans le vestiaire alors que ça fait des années que vous cherchez un moyen de leur dire qu’en effet, vous aimez les hommes. Et que non, le terme tapette n’est pas convenable. Ça sent le rejet imminent à plein nez.

 

4. Être acquis.  

Autre exemple de couple tiré d’une situation qui peut être vue dans plusieurs autres types de relations interpersonnelles. Depuis un bon moment maintenant, vous accumulez les ruptures avec votre compagnon de vie. Il vous largue et revient toujours vous ramasser à la petite cuillère entre deux dates Tinder en sachant très bien que vous pleurez chaque soir son départ. Vous n’êtes pas faible, il faut seulement se l’avouer; vous êtes un(e) émotionnel(le) né(e) et ce n’est pas toujours évident pour vous de garder le trop plein à l’intérieur. À chaque fois que vous croyez vous en sortir, cupidon ne tient pas deux semaines en place sans vous piquer la même flèche empoisonnée dans le même spot. Vous revenez donc au même Toxique, en espérant que cette fois, il sera fidèle, loyal, respectueux (???).

C’est dans ce genre de situation que votre entourage vous juge. Tout le monde vous dit que vous devez vraiment être 2 watts pour baigner dans la même piscine de problèmes et que rendu là, vous ne voulez simplement pas vous aider. Et vous savez qu’ils ont raison à quelque part. Mais moi, je vous confirme que ce que vous expérimentez et vos réaction en lien avec tout ce qui se produit autour de ce Toxique est justifiable. Cette relation est basée depuis longtemps sur tant de manipulation et de paroles malsaines que vous en êtes venu, à un certain point crucial, à vous oublier et à tranquillement tout concéder à cet individu. Votre perception de vous-même est devenue sienne, il vous contrôle, décide de ce que vous voulez et pensez de votre propre personne. Pourtant non.

 

Il est difficile d’admettre que l’on se trouve dans ce cercle vicieux lorsqu’on y est. Plus on s’y enfonce, plus on donne au Toxique l’accès à toute nos insécurités. À force de trop s’exposer et de lui laisser les reines de nos faits et gestes, on en perd le contrôle, tout dérape et l’impression que nous avons besoin de cette personne dans notre vie prend place. ”Mais il/elle ne voulait pas mal faire, il/elle m’aime, il/elle veut mon bien. Sinon, pourquoi est-il/elle encore dans ma vie?”. Pour un triste besoin de contrôle malsain. D’un aspect plus sérieux, il est essentiel de reconnaître les indices d’une relation toxique avant que celle-ci n’en vienne à de l’abus psychologique ou même physique grave. Il est vrai que je me suis autodétruite dans ce genre de pattern, et je ne souhaite cela à personne. Pas même à mon pire ennemi.

 

Stay safe, les petits humains peu nombreux qui me lisent.

 

 

 

Le trouble des profondeurs (Poésie)

 

À chaque pas que tu exécutes,  en pénétrant un peu plus loin dans ma tête, je me rends compte du pouvoir que je te concède. Lorsque l’on s’allonge et que tu contemples mes yeux avec une intensité que je ne reconnais que trop bien, je perçois tout ce que tu vois de moi, de mes abysses et de mes travers. Je haie savoir que tu possèdes entre tes mains l’amat de mes craintes les plus solides, les plus déchirantes, et que tu pourrais facilement les renfoncer dans ma gorge un peu plus profondément au moment de ma fatalité, de ton éloignement de cette gare qui semble être nôtre. Mon esprit fragile sommeille dans ton armure charnelle, tu ne le serres pas trop fort, par peur de le casser à nouveau, ou plutôt de le projeter sur les façades de tes murs infaillibles pour l’achever définitivement. À trop vouloir t’associer à toute forme d’art, j’en finirai par me retrouver avec le corps vide d’un musée qui ne vaut plus que des cendres amères de regrets et de mélancolie, trop forte pour même n’être que de la simple mélancolie. Une simple caresse regrettable sur la pensée que tu puisses me heurter me décortique tout le bon sens que j’ai probablement jadis eu. Une fois le pont traversé de bout en bout, je me questionnerai sur les intentions que j’entretenais, sachant malgré tout que je terminerais de paver ma route de dalles ensanglantées avec de simples résidus d’un fouillis barbelé. C’est quand on a l’âme concave que l’on réalise que celle-ci ne se remplit qu’aux pluies torrentielles, et ne sèche qu’après des déceptions telles que jamais elle ne se pourra à nouveau s’imbiber de vécu. Seulement là, je te supplierai peut-être intérieurement de revenir alimenter la floraison de mes épines brûlées.

-From my late night thoughts

Broken Poetry

Désolée pour le titre anglophone. C’est presque ironique de dire que, malgré tout, c’est parce que j’y voyais un aspect poétique. Mais si vous préférez lire ma broken poetry comme étant une poésie brisée, alors libre à vous et à votre cœur franco, franc et fier.

Un matin, je me suis réveillée et, tout d’un coup, la poésie me manquait. Puis, un soir (d’un autre jour tout aussi ordinaire), le même sentiment m’est revenu. Où étaient donc passées toutes ces nuits durant lesquelles je laissais mes yeux rougir de fatigue devant mes pages remplies de vers, tous plus libres et parfois même égocentriques les uns que les autres? J’ai médité là-dessus. Vous pourriez vous dire qu’en quelques minutes, je m’étais fabriqué une réponse brève et concise, sans artifice ni paraboles; manque d’inspiration, ou de temps peut-être. Mais non. Cela m’a prit près de quelques mois pour trouver le courage et réessayer d’écrire en métaphores, rimes et tragédies. Ma capacité à m’exprimer comme une âme romantique et torturée à la fois me manquait beaucoup, et retrouver cette ressource que je croyais inépuisable en moi semblait être une tâche vaine. Jusqu’au moment ou j’ai compris.

J’avais toujours écrit à des périodes de ma vie durant lesquelles je me questionnais beaucoup par rapport à ce qui advenait de ma personne ainsi que de mon entourage. Rien n’était jamais réellement stable au niveau de mon cheminement émotif et mon évolution psychologique, ce qui rendait beaucoup plus simple la perspective de m’accrocher à quelque chose de tangible, un concept que je pouvais saisir: la profondeur. Tout ce qui se rattachait à la tristesse, au désespoir , bref, toute exagération de mes émotions réelles était attrayant. Mes longues lamentations écrites dans mes notes personnelles m’appartenaient alors, et ainsi, personne n’avait accès à ce que l’on aurait pu confondre avec une envie de mourir (ce ne sont pas les poèmes que l’on souhaite le plus révéler à ses parents et amis.) Alors je m’y mettais. Une journée moins bonne que celle d’hier? ”Ce torrent de vide qui m’entoure est le portrait même de mon éternelle abysse.”  Vous voyez le genre? Plus c’était souffrant, plus c’était plaisant (quelle rime satisfaisante).

Aujourd’hui, je me sens mieux que jamais. Je suis entourée de bonnes personnes, mon anxiété a diminué, j’ai la chance de bénéficier d’une relation amoureuse saine et stable. C’est toujours plus ardu de divaguer sur mes peurs et mes hantises en référant à une vie aussi belle que celle que j’ai en ce moment, même si j’en possède encore. J’y pense seulement moins, ce qui n’est pas une si mauvaise chose au final. Peut-être ai-je fait de ma propre histoire une poésie ornée de décorations florales et de ciels roses, après tout.

Mon prochain défi est alors de transposer ces nouveaux sentiments dans mes écrits, et espérer ne pas avoir à les dissimuler au creux de mes armoires.

 

 

Richard Martineau, qui es-tu?

J’ai tout récemment eu l’occasion de lire le fabuleux biais de Richard Martineau intitulé «Les filles, c’est nono (projet de monologue)», et j’étais complètement enchantée. Chaque point abordé par notre personnalité préférée à nous, les femmes fières d’être femmes, était d’un génie sans pareil.

L’homme emplit de bonté a débuté son long discours bien tenu pour ses compères les hommes en pointant du majeur l’opinion grasse qu’il a des femmes voilées et de leur «soumission à Allah.» Bien entendu, traîter une femme de niaiseuse parce qu’elle a une culture dont il ne saisit probablement pas l’ampleur en évitant d’aborder le fait que les féministes sont lapidées dans certains pays lui est égal. Mais l’ignorance est un joli défaut, n’est-ce pas?

Notre monsieur Martineau, qui nous fait vider nos poches pour son nom avec un grand M sur la couverture du Journal slash vidange De Montréal, s’attaque en force aux femmes qui se permettent une chirurgie esthétique sur leurs propres seins en supposant que cela n’est que pour plaire aux hommes. Toujours les hommes. Mais pourquoi pas pour elles? Envisager qu’une femme modifie son propre corps pour se satisfaire elle-même n’est probablement pas une possibilité dans l’esprit équilibré de notre ami Rich. C’est dans des phrases dont le dialogue est porté par une femmes fictive telles que «J’aime ça, les grosses couilles, j’aimerais ça si tu te faisais installer des grosses boules en plomb dans la poche» qu’il tente désespérément de prouver qu’il serait ridicule pour un homme de se plier ou se soumettre aux désirs des femmes. L’ironie se cache entre chacune des lignes de ses articles poubelles, puisque c’est de cracher publiquement que l’homme est au-dessus de tout ça. Et si on est pour être vulgaire, allons-y à fond!

Et finalement, la cerise sur le sundae des conneries. Richard Martineau décide que des filles qui achètent des magazines exposant des modèles photoshopées et des guides minceur ainsi que sur l’estime de soi, c’est des connes. Des belles dindes. Il faut être 2 watts pour glousser comme un animal sauvage qu’on veut être comme si, comme ça, ressembler à telle ou telle autre. Facile à dire, Mr. Martineau, quand on vit dans une société qui hypersexiualise encore autant le corps de la femme, et ce, jusque dans les écoles publiques.

Richard Martineau, qui es-tu? Me laisses-tu te vouvoyer, puisque nous sommes tous si égaux pour toi? Que le féminisme est si enragé sans raison? Je suis ouverte à la discussion. Mais j’attend avec impatience le jour où tu pourras sortir tes arguments sans ressembler à un garçonnet de dix ans qui pioche sur la table sans relâche, et toujours sur le même sujet avec une fermeture d’esprit plus grandiose que le Mont Everest. Qui suis-je pour te traîter de gros connard, alors qui es-tu pour nous traîter de nounounes?

2016 WAKE UP CALL. LAST CHANCE. Le lien de son ”monologue” (trashy aight)

 

 

 

 

Démoraliser un végétarien en 5 étapes.

Ta meilleure amie a commencé à éliminer la viande de son alimentation, et vraiment, ça te désespère. Pourquoi elle ferait quelque chose comme ça? Pour suivre le mouvement, se penser plus importante que les autres? Eh bien, ça ne se passera pas comme ça! Ouvrons le débat. Voici les arguments les plus fréquents et les plus… insolites, que tu peux lui servir au lieu de sa maudite salade. Bien fait pour elle et ses photos Instagram de grano!

 

  1. Tu vas faire comment pour manger chez les autres?
giphy

 

Parce que c’est vraiment important de penser à ça. Non mais c’est vrai; elle va dire quoi à grand-maman pour se justifier de ne pas manger sa fameuse dinde à Noel? Fallait y penser avant de vouloir sauver le monde mam’zelle!

 

2. En gros, tu vas te mettre à juste manger de la salade?

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Oui. Juste ça. Ça remplace bien des Frosted Flakes, une bonne grosse feuille de laitue au déjeuner! Elle va bien devoir se rendre à l’évidence; elle va avoir des carrences de fer sans son gros Big Mac habituel. Et dire qu’elle croyait avoir pensé à tout… une chance tu es là pour lui rappeler que manger des animaux sans raison valable, c’est essentiel!

 

  3. Les humains ont toujours chassé, c’est dans notre instinct de manger de la viande!

 

creep

Aller, explique lui que nos dents ne sont pas faites pour mâcher du tofu fade, mais bien pour déchiquetter des gros morceaux de corps inertes! Après tout, c’est ce que nous avons toujours fait, non? Si nous étions vraiment herbivores, Dieu n’aurait pas placé tous ces animaux sur Terre pour nous tenter.

 

     4. Tu vas avoir des rages de junk food un jour ou l’autre.

giphy

De tout façon, les pizzas végétariennes c’est juste un mythe, tout le monde sait ça. Et c’est pas parce que des tonnes de compagnies créent des aliments à base de végétaux reproduisant de la nourriture de source animale que nous devons les consommer, c’est absurde. Tant qu’à y être, mieux vaut tuer une vache directement.

 

    5. Si tu respectes les êtres vivants, pourquoi tu tues des légumes et des plantes?

scream queens

Non mais c’est vrai. Si un lion mange un agneau, il ne lui manque pas de respect, alors nous non plus. C’est la survie, la loi du plus fort. Le problème… c’est que nous pouvons survivre sans viande, pas le lion.

 

En changeant mes habitudes de vie et mon alimentation pour devenir végétarienne, je me suis fait dire toutes ces choses et plus encore. Je me suis fait dire que je voulais suivre une mode, être meilleure, supérieure. La vérité, c’est que j’ai vu des reportages, des tonnes de reportages, et que j’ai eu de la compassion. J’ai ressenti un besoin de changer ma vie, un besoin que certains ne ressentent pas nécessairement, et c’est normal. Et ça ne me fâche pas de me faire questionner, c’est normal. Mais le débat devrait-on ou non manger de la viande doit s’arrêter au moment ou le respect quitte la conversation. Si les mangeurs de viande veulent être traités avec équité dans leur choix, nous le voulons aussi.

 

Tes 5 résolutions indispensables

L’année tire sa révérence et les gens se précipitent comme à leur habitude sur ce principe d’objectifs qu’ils se fixeront pour que la prochaine année soit meilleure. Bien que je n’ai jamais été familière avec le concept de résolutions, j’avoue qu’il n’y a rien de mal à vouloir se donner des petits défis pour s’inspirer et mieux avancer dans ces 12 prochains mois. Voici donc pour toi, qui a peut-être autant de difficulté que moi à trouver ces objectifs, la liste de tes 5 résolutions indispensables à l’année 2016. C’est parti!

 

5. Lave-toi de tes complexes.

Celui-là est très important. Lis-le. Relis-le. Tu es une belle personne, tu possèdes une panoplie d’idées intéressantes et de visions du monde essentielles. Tu es peut-être ce genre d’être humain plus grand, ou même plus petit, tu as des formes, ou peut-être moins. Mais qui est-ce que cela doit concerner, mise à part toi? Personne. Alors pour 2016, promet-toi de savoir anéantir tous ces complexes qui te tracassent au niveau de ton physique ou de ton mental.

 

4. Laisse-toi croire en l’amour. 

Je ne te parle même pas de rencontrer ton prince ou ta princesse et de vivre heureux jusqu’à la fin des temps. Je te suggère plutôt de lever la tête de ton cellulaire et de prendre conscience de tout ce qui t’entoure, de tous ces gens qui composent ton environnement. Il y en a sûrement beaucoup parmi eux qui n’attendent qu’une fente de ta coquille pour voir en toi. Sache que l’amour se retrouve dans beaucoup de petites choses, un éclat de rire entre amis ou une partie d’un jeu de société en famille. L’amour émane de bien des façons, ouvre les yeux et laisse ce cliché t’envahir.

 

3. Prend beaucoup de photos. 

Pas trop de selfies s’il-te-plait. Mais ça aussi tu as le droit. C’est avec la rétrospective que je regrette de ne pas avoir photographié certaines parties de ma vie. J’en suis presque nostalgique, à réaliser que je devrai laisser ma mémoire essayer de tenir bond au fil des années qui s’écoulent si vite. Chaque moment immortalisé finira par être cette photo qui fait tant rire dans ton vieil album, alors saisis chaque occasion pour aider un peu ton petit cerveau à ménager sa mémoire à long terme. Il te remerciera plus tard!

 

2. Ose. 

C’est un classique; une vie sans erreurs est une vie sans apprentissages, peut-être même sans plaisir. Parce qu’au fond, commettre une erreur se fait souvent sous le principe d’une envie qui est née juste avant. Dès que tu arrives à établir un équilibre harmonieux entre ton bon sens et ta témérité, tu découvres ce bonheur de faire certaines choses que des gens trop bornés fuient comme la peste. Tu verras aussi qu’avec la gentillesse s’accorde la reconnaissance des autres. Si tu fais des choses stupides mais que tu les reconnais et que tu es gentil, tout s’annulera. Maintenant que tu possèdes le secret de la stupidité, exploites-le.

 

  1. Pardonne.

Pour ma part, 2015 s’est terminée avec un point assez ferme. J’ai décidé de pardonner des choses que l’on m’a faite et qui, sur le coup, me semblaient impardonnables. J’ai rapidement compris que je ne réussirais jamais à avancer et passer à autre chose avec tous ces démons qui me pourchassaient encore et cette haine que je conservais hermétiquement sans aucune raison valable par simple orgueil. Alors va de l’avant, prend ton courage entre tes mains tremblantes et va dire à cette personne qui t’a fait tant de mal que tu lui pardonne tout. Tu causeras probablement en elle une perplexité qui la surprendra et la fera beaucoup réfléchir; prend-le comme une douce vengeance toute gentille et bien légale.

 

Je te souhaite que la prochaine année t’offre des tonnes d’opportunités de te sentir mieux, de te démarquer et de te donner du bon temps. Saisis tout ce que tu peux et n’aie pas peur de rire, de pleurer, de crier, de chanter et de vivre. Ce sont les choses dont tu te souviendras le plus. Bonne chance!

 

Coup de pinceau

J’ai tout récemment réalisé à quel point mes cheveux ont du vécu, même après simplement presque dix-sept petites années de vie. Je les ai aminci, raccourci, traité, négligé et parfois même oublié. Mais au-delà de cela, je les ai teint. Plusieurs fois. Et malgré le peu d’importance que j’accorde à ce que les gens pensent de mon apparence physique, mes cheveux trahissent beaucoup ce que j’ai tout au fond de moi; de mes sentiments passagers jusqu’à ceux qui sont restés très longtemps nichés au fond de moi.

Le brun naturel

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Je pourrais mentir et dire que j’ai longtemps voulu rester la petite fille toute simple aux longs cheveux bruns très classiques. Sauf que la vérité, c’est que mes parents semblaient plus apprécier mes cheveux que moi, parce qu’il n’était pas question que je touche leur couleur initiale d’un seul doigt! Je ne leur enlève pas; chaque parent souhaite que leur enfant mise sur son développement intellectuel plutôt que sur la modification de son physique, les miens en particulier. Par contre, l’adolescence a frappé particulièrement fort sur mon caractère, et ils ont cédé à mes caprices insoutenables. J’ai reçu ma première teinture deux jours après avoir célébré mes quinze ans.

 

Le blond cendré (Wild Ombré)

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Cet ombré m’a valu six heures chez le coiffeur, ce dernier souhaitant rendre ma première expérience de changement capillaire «parfaitement parfaite.» En effet, le résultat final fut très réussit. Cette couleur a par-fai-te-ment traduit mon désir d’être comme toutes les autres jolies filles à la mode. Je ne manquais pas nécessairement de confiance, je dirais plutôt que je voulais vraiment expérimenter le côté fi-fille en moi. C’est dans les mêmes eaux que les talons hauts ont commencé à s’incorporer graduellement à mon garde-robe quotidien et que le maquillage sur mes yeux s’est accentué. Je rêvais des beaux cheveux blonds et épais des modèles de magazines, et je les ai eu… un certain temps. (Le bleach, ça tue un cheveu en ti-pépère!)

 

Le roux inconnu

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Après deux ans de blond qui se délavait et ce, lavage après lavage, j’ai voulu un changement radical. Pourquoi «roux inconnu»? Pour plusieurs raisons. La première était que je me lançais dans une modification dont j’ignorais le résultat. Jusqu’à maintenant relativement low profile et fashion, je voulais maintenant être davantage tape-à-l’oeil. L’ennui, c’est que cette fille qui a tenté d’être rousse durant des mois (soyons honnête, la teinture perdait son effet éclaté après deux jours à peine), ce n’était pas moi. C’était au cours d’une certaine période de ma vie où je voulais plaire, mais au fond, je ne me plaisais pas. J’étais le reflet de ce que l’on voulais de moi, et non de ce que j’étais. Cette coloration m’a valu beaucoup de dommages aux cheveux, et au coeur.

 

Le noir brûlant

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Après avoir vu mes cheveux dans tous leurs états, j’ai décidé de mettre fin à l’image qui ne me correspondait pas. La rousse fade en moi qui avait trop essayé d’être aimée a finalement voulu se respecter et revêtir la couleur la plus poétique et mitigée à laquelle elle pu penser; le noir. C’est donc sur un coup de tête que je me suis ruée à la pharmacie pour m’acheter le brun le plus foncé qui allait pouvoir noyer ces quelques mèches rougeâtres et tristes. Pour la première fois depuis un sacré bout de temps, je me suis regardé, et tout ce que j’ai pu me dire, c’était: «Te revoilà. Enfin.»

 

Bonus: Le rainbow style 

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Il y a des jours comme ça où les mauvaises idées nous prennent par surprise. Cette journée là, j’ai aspergé ma chevelure d’exactement quatre teintures temporaires différentes, désespérée que les premières n’aient aucun d’effet. Sur des cheveux noirs, ben oui! Donc me voici, avec du mauve, du bleu, encore du mauve, puis du rose:

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Redonner au monde ce qui lui appartient

«My life is my message.»

-Gandhi

On peut tous changer le monde, mais encore trop de personnes l’ignorent. On tourne le dos à la possibilité d’une égalité entre les êtres vivants et à la reconnaissance des droits et libertés de tous. Depuis que je suis une toute petite fille, ma mère me montre comment bien manger, prendre soin de moi et apprendre à ressentir de la compassion pour les autres. Tous ces éléments, qui semblent pourtant être banals et évidents, sont en fait un défi de tous les jours pour moi comme pour beaucoup d’autres. C’est seulement depuis peu que j’ai décidé d’enfin appliquer les façons de vivre de ma chère maman de plusieurs façons concrètes. Bien que je ne sois qu’un petit point dans l’univers: voici comment JE veux changer le monde.

Le respect de toute forme de vie

Après le visionnage de multiples reportages, tels que Forks Over Knives et Cowspiracy (disponibles sur Netflix), ma vision du monde a changée, et croyez-moi, c’était loin d’être positif. Entre la réalité des impacts de la consommation de la viande animale sur la santé humaine et les traitements horribles infligés à plusieurs espèces, je suis devenue ovo-lacto-végétarienne très radicalement. Cela impliquait d’éliminer de mon alimentation la viande rouge et la volaille, mais de continuer à consommer du lait et des oeufs, ce qui faisait alors de moi une végétarienne «non-stricte», comme ils disent. Mais après maintes recherches, davantage de reportages et d’informations venues d’un peu partout, mon envie de continuer à prendre des produits de sources animales se dissipait. Les gens ne savent que très peu l’envers du décor et ce qui se passe réellement dans les abattoirs. Malgré les réglementations, il ne passe pas par l’esprit de la population qu’aucun être vivant ne peut consentir à être blessé, restreint dans ses mouvements, abusé pour son lait et sa fourrure et tué pour être servi à une race prétendue «supérieure.»

La compassion… pour tous!

Ce morceau là est plus difficile à avaler, peu importe ce que vous allez me dire. C’est même presque ironique, considérant mon premier point: pardonner et comprendre tout le monde, même ceux qui blessent les animaux? Et bien, oui. Il faut réussir à se mettre dans la peau des gens, porter leur paire d’ yeux et regarder le monde à leur façon. Il faut accepter que personne ne pointe exactement dans la même direction et que les connaissances d’un sont la barrière d’un autre. Pardonner son précédent est nécessaire pour croiser la route de son prochain, c’est une étape qui se traverse avec peine et humilité. Parfois, marcher sur son orgueil est inévitable pour réussir à franchir le cap de la compréhension pour toute forme de pensées humaines, même celles qui vont à l’encontre de nos valeurs. Voilà justement la beauté de la diversité; faire face à la vérité, celle qui nous dicte que personne n’a la réponse à la vie, que nous ne possédons tous que de simples théories à celle-ci.

La prise de conscience de son environnement, direct et indirect

Je ne cacherai pas que le bouddhisme m’a beaucoup guidée vers la possibilité d’atteindre cet aspect. Je sais que le concept est vague, alors laissez-moi vous le décortiquer brièvement. Nous naissons au sein d’une Terre qui nous offre eau, nourriture, espace, oxygène et verdure. Inutile de vous préciser que nous détruisons littéralement ces éléments au fil des siècles, mais la grande rêveuse en moi croit encore en la possibilité de se racheter auprès de notre mère première, la planète. Hippie? Grano? Traitez-moi de ce que vous voulez. Mais laissez-moi vous assurer que ma paix d’esprit et ma santé mentale et physique se portent beaucoup mieux depuis que je médite et que je fais plus que simplement inhaler et expirer de l’air: je le consomme, le considère comme la clé de ma vie et une chance incroyable. Mes sens sont plus éveillés que jamais, chaque endroit ou je vais me démontre que nous foulons un sol empli de richesses inestimables qu’il faut cesser d’exploiter, de prendre pour acquis et de détruire.

Sur ce, il faut simplement retenir que quelque chose, quelque part dans l’univers nous a laissé vivre sur un espace débordant d’espèces vivantes, de couleurs et de différences, et que respecter l’ensemble de la vie végétale, animale et humaine est une base à intégrer à son mode de vie pour se sentir heureux.

Namasté  (Salutations)