Et pourtant (Billet féministe)

 

 

Une pensée populaire partagée entre certains hommes bien conscients de leurs privilèges souhaite faire porter au féminisme une étiquette tristement discriminatoire et fausse envers le sexe opposé. C’est de là qu’est né le principe d’égalitarisme, un terme étrange issu d’un fâcheux malentendu; alors que les femmes poursuivent avec une émouvante ardeur la lutte pour l’acquisition intégrale de leurs droits fondamentaux, plusieurs messieurs se sont vus être offusqués et effrayés d’assister à une bataille cherchant à les détrôner de leur confortable rôle de meneurs respectés. Alors que j’ai moi-même eu droit de me faire remettre à ma place en m’exprimant publiquement sur le sujet, l’envie m’est venue de remettre les pendules à l’heure. Il n’est jamais trop tard pour s’éduquer avant de s’insurger et de se prêter au jeu des définitions pour véritablement savoir pourquoi on crie au loup. À tous ces garçons qui m’ont blâmé de me défendre, qui m’ont lancé les pires arguments pour m’accuser de m’auto-victimiser et pour me prouver la CHANCE que j’avais, moi, d’être une femme en cette société qui est la nôtre; lisez.

Mais qu’est-ce qui vous fait donc si peur? Aussitôt que vous voyez par malheur une médiatisation promotionnelle positive de l’appropriation qu’une femme se doit de faire de son propre corps, la panique vous habite. Vous attaquez, c’est dégueulasse une fille qui se rase pas, c’est notre fœtus à nous aussi, fuck l’avortement. J’exagère?

Et pourtant, j’ai véritablement vu ces commentaires, et il y en a des pires. J’en ferai la liste plus loin. Ce qui me ronge, ce ne sont pas les propos tenus en soi, mais plutôt  les gens derrière ceux-ci qui n’y voient aucun problème. On me répète sans cesse que je n’ai pas à me plaindre d’être traitée différemment à cause de mon genre.

Et pourtant, je vous assure que mon école secondaire (que j’ai heureusement quittée il y a de cela quelques mois) continue de s’insurger devant les épaules découvertes de jeunes filles qui sont là pour se scolariser, et non se sexualiser. C’est un bien vieux discours qui ne cessera de m’attrister, et beaucoup savent que je me suis battu pour cette cause, sans arrêt. De toute façon, si elles veulent se dénuder, ce sont elles qui auront à vivre avec les conséquences de leurs actes en se faisant attribuer les surnoms pute, salope, trainée. Mais non, les jeunes garçons savent nous respecter, maintenant!

Et pourtant, si l’on s’attarde aux catégories de films pornographiques les plus visionnés, Teen Sex est en sixième position et 79% des jeunes sont accidentellement exposés à de la pornographie via le web. (Online Victimization of Youth: Five Years Later, 2006). Par contre, cela ne représente absolument rien. Effectivement, aucun idéal sexuel n’est imposé dans la tête des adolescentes à cause de ces films dits ‘’adultes’’, puisqu’elles sont libres, indépendantes et conscientes que leur corps est LEUR corps.

Et pourtant, il existe une banalisation et une normalisation de l’établissement du sexisme avec l’intégration de stéréotypes affectant gravement l’égalité homme/femme. La femme, au fil des années et malgré tout ce qu’on en dit, porte encore un rôle d’objet dans le monde de la publicité et est représentée comme une figure se voulant plaisante pour l’homme. Mais il faut faire attention; AUCUN homme ne participe à ce principe dégradant de son plein gré, chacun cherchant à alimenter le féminisme de son mieux, car salir cette cause rimerait à reculer des siècles en arrière…

…et pourtant, ce n’est pas le cas pour tous. Je suis capable d’affirmer avec certitude que plusieurs humains, hommes et femmes, sont en quête d’une égalité entre chaque être et avancent en harmonie avec le mouvement féministe pour vaincre les privilèges instaurés par l’Homme Blanc et Riche depuis le début des temps.  Certains, par contre, ont cru  qu’il serait plus juste d’inventer ‘’l’égalitarisme’’, croyant que le féminisme visait à laisser les femmes prendre le dessus sur le monde entier et devenir… enfin, ce que les hommes ont été longtemps et sont encore malheureusement aujourd’hui, dominantes. Le terme ‘’méninisme’’ a même fait son apparition, cherchant à renverser certains stéréotypes pour démontrer que les hommes aussi sont les proies d’un système injuste les réduisant à un rôle patriarcal faussement attribué.

Je constate tristement tous ces combats en me disant, très ironiquement, que tous ces clans se battent initialement pour la même raison; l’égalité homme/femme. Au lieu de travailler de concert, ils se rabaissent, s’insultent et se tachent entre eux parce qu’une crainte injustifiée persiste, la peur que la femme soit entièrement perçue comme l’homme. Sur le plan social et personnel, que l’on parle de salaire ou de préjugés.

Je souhaite vraiment terminer ce billet sur une note plus sombre en citant quelques commentaires que j’ai recueilli durant mes recherches sur le sujet. Ces opinions reflètent une grande incompréhension du féminisme qu’il est temps d’abattre. La mauvaise conception de ce mouvement est ce qui le mène vers des obstacles. *

*Les propos suivants sont rapportés mot pour mot et leurs auteurs sont nommés, ainsi que le contexte des commentaires. Comme ceux-ci étaient initialement publiques et assumés, je ne voyais pas le problème de les rapporter.

 

‘’The Reason A Feminist Rejected Her Son Is All The Proof You Need That Feminism Is Poison’’ (titre d’un article en provenance de meninism.net)

‘’So they cry when they are objectified and cry when they aren’t. Shocker’’

Skye Hebert, commenté sur a photo d’une femme en costume de bain.

‘’I need meninism because the movie Magic Mike promotes an unrealistic expectation of how men’s bodies should look.’’

-De la page Facebook Meninist.

‘’3 months ago I said Hi to a feminist. She said Hi back. Just kidding. She posted 300 status about how I terrorized her’’

-Raja Tlha Ul Hassan, commenté sur la page Meninist (parce que rire de la culture du viol c’est drôle j’imagine)

‘’It takes two to tango, sweetheart. That fetus doesn’t only belong to the mother.’’

Mike Lanning, commenté lors d’un débat sur l’avortement (merci pour l’éjaculation, vas-tu participer à l’accouchement aussi? Ah non.)

Advertisements

Les Toxiques.

J’écris cet article suite à une grande réflexion sur moi-même qui s’est échelonnée sur pratiquement plusieurs mois. Je rédige aussi en légère connaissance de cause; mon but ici est en fait de dresser une liste établissant le portrait de ce à quoi peut ressembler un lien interpersonnel toxique. À un moment ou à un autre, je crois que chaque individu rencontre sur sa route une personne qui lui nuira de façon parfois si subtile que rien ne pourra le convaincre de pousser cet élément négatif hors de sa vie. Que ce soit au travers de la manipulation ou de commentaires désobligeants camouflés sous de faux titres, nous expérimentons tous la toxicité. Il est d’ailleurs grandement temps de non seulement la chasser, mais en repérer les signes et se respecter suffisamment soi-même pour ne plus jamais accepter d’y faire face et abdiquer.

 

  1. Le jugement.

Vous commencez à vous éprendre d’un intérêt soudain pour les arts, vous qui étiez plutôt de nature sportive. Vous lisez donc différents articles, visionnez des documentaires traitant d’œuvres postmodernes ou contemporaines et décidez de concrétiser cette curiosité en passion. Pourquoi pas débuter des cours de peinture? Vous en parlez à cette personne avec qui vous partagez beaucoup de vos pensées; Le Toxique. Il vous répond: ”C’est ridicule. Tu n’as jamais aimé l’art. Pourquoi maintenant? Il n’y a absolument rien dans ce que tu me dis qui concorde avec ta personnalité. Laisse tomber.” Cela doit être un conseil judicieux… après tout, il vous connaît mieux que quiconque. Pourquoi le contredire? Remettez vous au tennis et oubliez tout.

Malheureusement, cette situation est plus que nocive et fréquente, qu’elle se dégage d’un lien parent/enfant, frère/sœur ou entre amis. Nous n’avons tous qu’un passage sur Terre, et le gaspiller en se  restreignant à la perception qu’un seul être a de vous est du gâchis pur. Prenez les devants sur vos pensées, cessez de chercher l’approbation des autres. Il est temps de s’y mettre.

 

2. La solution rapide par la manipulation.

En couple depuis maintenant 4 ans, tout semble bien aller avec l’être aimé. Vous passez beaucoup de temps ensemble, il est d’ailleurs vrai que parfois, vous avez besoin d’espace… mais votre douce moitié ne semble pas du même avis. Bon, peu importe, tant que tout fonctionne relativement bien entre vous. Par contre, plusieurs éléments étouffants tournent tranquillement dans votre tête; peut-être est-il temps de prendre une pause. L’évocation de ce besoin de temps pour vous recentrer sur vous-même rend votre âme sœur folle furieuse; le conflit éclate. Arguments qui n’en finissent plus. Pour tout régler, l’élu de votre cœur vous propose un marché; envoyez lui donc des photos coquines, ou bien réglez tout sous la couette et n’en parlons plus! Le Toxique le propose de façon si douce et charmante, c’est donc probablement la solution propice à adopter… mais vous a-t-il réellement écouté? A-t-il prêté attention à vos besoin, ou plutôt à ses pulsions?

Le classique d’une relation abusive qui, pourtant, semble si parfaite vue de l’extérieur. Les apparences sont souvent trompeuses. Jamais vous ne devriez accepter que l’on se joue de vous, que l’on vous manipule pour obtenir ce que l’on veut et surtout, que vous ne soyez pas écouté convenablement. Une relation amoureuse se doit d’être axée sur la communication et le respect. Cela semble être un bien vieux discours; et pourtant, encore beaucoup n’ont pas prêté attention à ces sages paroles. Moving on to the next one!

 

3. Dénigrement puisque affinité.

Une amie vous écrit, il y a longtemps que vous n’êtes pas allé prendre un verre, il serait grand temps! Vous vous souvenez malgré tout que cette fille-là, elle n’a pas la langue dans sa poche. Toujours directe avec tout le monde. Mais vous l’aimez comme ça, non? Vous vous mettez sur votre 31, impatiente de la revoir. Jolie jupe, talons hauts et maquillage sont au rendez-vous. Première entrée au bar et déjà, elle est assise devant le barman et vous crie de l’autre bout de la pièce: ”Woow, t’as toujours l’air de la salope que t’étais!” en éclatant de rire. Vous, vous riez jaune. Tout le monde dans la place vous regarde et leur expression faciale n’est pas flatteuse. Il s’était écoulé quelques mois sans que vous n’osiez porter des vêtements un peu plus révélateurs; l’estime de soi n’est pas votre force, elle le sait pourtant.

Exemple davantage féminin mais qui s’applique tout autant chez les hommes. Entre boys, tout est à prendre à la blague à ce qui parait. Mais ce ne sont pas toutes les pilules qui sont faciles à avaler. Se faire traiter de tapette par les autres joueurs de votre équipe de hockey dans le vestiaire alors que ça fait des années que vous cherchez un moyen de leur dire qu’en effet, vous aimez les hommes. Et que non, le terme tapette n’est pas convenable. Ça sent le rejet imminent à plein nez.

 

4. Être acquis.  

Autre exemple de couple tiré d’une situation qui peut être vue dans plusieurs autres types de relations interpersonnelles. Depuis un bon moment maintenant, vous accumulez les ruptures avec votre compagnon de vie. Il vous largue et revient toujours vous ramasser à la petite cuillère entre deux dates Tinder en sachant très bien que vous pleurez chaque soir son départ. Vous n’êtes pas faible, il faut seulement se l’avouer; vous êtes un(e) émotionnel(le) né(e) et ce n’est pas toujours évident pour vous de garder le trop plein à l’intérieur. À chaque fois que vous croyez vous en sortir, cupidon ne tient pas deux semaines en place sans vous piquer la même flèche empoisonnée dans le même spot. Vous revenez donc au même Toxique, en espérant que cette fois, il sera fidèle, loyal, respectueux (???).

C’est dans ce genre de situation que votre entourage vous juge. Tout le monde vous dit que vous devez vraiment être 2 watts pour baigner dans la même piscine de problèmes et que rendu là, vous ne voulez simplement pas vous aider. Et vous savez qu’ils ont raison à quelque part. Mais moi, je vous confirme que ce que vous expérimentez et vos réaction en lien avec tout ce qui se produit autour de ce Toxique est justifiable. Cette relation est basée depuis longtemps sur tant de manipulation et de paroles malsaines que vous en êtes venu, à un certain point crucial, à vous oublier et à tranquillement tout concéder à cet individu. Votre perception de vous-même est devenue sienne, il vous contrôle, décide de ce que vous voulez et pensez de votre propre personne. Pourtant non.

 

Il est difficile d’admettre que l’on se trouve dans ce cercle vicieux lorsqu’on y est. Plus on s’y enfonce, plus on donne au Toxique l’accès à toute nos insécurités. À force de trop s’exposer et de lui laisser les reines de nos faits et gestes, on en perd le contrôle, tout dérape et l’impression que nous avons besoin de cette personne dans notre vie prend place. ”Mais il/elle ne voulait pas mal faire, il/elle m’aime, il/elle veut mon bien. Sinon, pourquoi est-il/elle encore dans ma vie?”. Pour un triste besoin de contrôle malsain. D’un aspect plus sérieux, il est essentiel de reconnaître les indices d’une relation toxique avant que celle-ci n’en vienne à de l’abus psychologique ou même physique grave. Il est vrai que je me suis autodétruite dans ce genre de pattern, et je ne souhaite cela à personne. Pas même à mon pire ennemi.

 

Stay safe, les petits humains peu nombreux qui me lisent.

 

 

 

Tristesse métaphorique

Elle est souvent triste au quotidien. Peut-être pas irrécupérable, mais triste. Il n’y a pas mille milliards de mots alternatifs pour le sentiment qui est bien encré en elle; tout ne se confond pas avec mélancolie, ni nostalgie. Ce n’est pas toujours évident non plus pour elle de toujours exprimer clairement ce qui fait d’elle, ce qu’elle est. Elle feuillète probablement un peu trop sa vie comme si elle n’était qu’un simple  recueil de poésie dans lequel on peut cracher des larmes à s’y tuer. Comme dans l’Allégorie de la Caverne de Platon, elle se retrouve dans une cave où elle n’accède qu’aux reflets de la réalité, qu’à l’unique image de son âme, croyant pouvoir la rendre plus tangible vue de ses yeux seuls.

La vérité, c’est que sa tristesse est une constante série de métaphores qui la transforment en être obnubilé par sa propre solitude. Elle se fourvoie à se faire croire qu’elle sera toujours fixée comme un point sur une carte, et que tous les fantômes qu’elle puisse croiser ne soient possiblement que de passage sur les tonnes d’autoroutes gravitant autour de ce même foutu, sale point immobile. Elle se ment, s’asperge d’illusions portant sur la pensée, la réflexion éphémère qu’elle ne peut compter que sur ce qui est là, tangible, le reflet dans la caverne.

Lorsqu’elle conduit, que les torrents de pluie martèlent ses fenêtres, elle aperçoit,  de sa vision périphérique, cette même bouteille, aux pieds du passager toujours invisible, qui roule à chaque arrêt et redémarrage. Depuis combien de temps le récipient de plastique est-il là? Bonne question. Il roule sur le sol en vas en viens, et la petite voix raisonnable en elle qui lui chuchote de la placer aux ordures est retenue par des sangles puissantes, celles de pensées incomprises qui tendent à associer cet objet vide à un souvenir précis. Sûrement avait-elle acheté cette bouteille au dépanneur du coin, l’avait but en agréable compagnie. Dans ce cas, la regarder se mouvoir sans cesse est un rappel tolérable. Ou bien l’avait-elle bu seule, ensevelie par une montagne de rêves encore ignorés. Peu importe la raison justifiant cet acte de lâcheté, la bouteille reste là, dans l’automobile qui pue l’antirouille. Pleine d’une autre métaphore à laquelle personne d’autre n’aurait pu penser; exceptant elle-même.

Autant se plait-elle à vivre par le biais de coups de vents insignifiants, mais autant, parfois, le trou vide qu’ils ne remplissent que temporairement en elle se dilate et la fait s’écrouler. Se vider de toute rationalité, lui fournissant l’envie de s’excuser à la Terre entière pour ce qu’elle est.

Une absence, une instabilité, incarnation totale d’une frousse ahurissante de l’inconnu.

 

Les excuses d’un esprit libre

Les esprits libres sont souvent ceux qui sont exposés à davantage de restrictions. Les penseurs qui grandissent dans un nid familial protecteur, pratiquement conservateur, qui vivent pour la recherche de la différence en se voyant être confinés dans la normalité la plus banale, sont ceux qui souffrent un peu de leur indépendance.

 

Je dois des excuses à mon père, qui espérait beaucoup pour moi. Malgré nos nombreuses différences, de nos divergences d’opinions jusqu’à nos désaccords brumeux, je sais au fond de moi que ses intentions de me ramener dans un chemin qui lui semble droit ne sont pas mal fondées. Le problème dans l’histoire, c’est que mon paternel sait des choses que je ne sais pas, et vice-versa.

La première fois que j’ai manifesté une envie particulière pour les arts et l’expression de soi, mon père m’a permit de canaliser cette fascination dans des leçons de chant et de danse. Je me suis vite lassée de la structure et des règles que ces cours impliquaient. Ils nécessitaient une rigueur , une conformité que je ne me voyais pas en mesure de fournir sur une base régulière. Alors, je suis entrée depuis quelques temps dans une phase de rébellion contre le monde, contre moi-même, et tout ce qui est considéré comme de la marginalité m’intrigue. Mon père me répète sans cesse qu’il y a une façon de faire les choses. Ce n’est pas mon impression qu’il ait tort qui me perturbe plutôt que ma soif de sortir du moule qui me tire vers autre chose de plus grand que de juste faire les choses de la bonne façon.

Première discussion sur les modifications corporelles avec mon père, un minimum de trente secondes est requis pour que je saisisse que jamais il n’approuverait cette forme d’art sur moi. Je suis triste. J’ai cédé au charme des aiguilles et je me suis fait percer la peau, mais je vois mon père regarder mon nez, mes oreilles, tous les jours avec une déception plus grande, comme si il se demandait ce qu’il avait oublié de faire pour ne pas que je dévie.

Premières manifestations chez moi d’un désir du refus de l’étiquette de fille ou de femme. Affirmation de mon ouverture sur la transsexualité, la communauté queer et l’acceptation de n’être qu’une humaine plutôt qu’un genre, qu’un label comme ils le disent si bien. Au delà de mon plaisir à m’habiller tout autant dans la section p’tit gars que p’tite fille au magasin, je sais que mon père a mit au monde une fille, sa princesse, et son cœur de père se déchire toujours un peu devant mes jeans troués, mes casquettes et ma façon de m’asseoir les jambes écartées. Il ne faut pas en vouloir aux parents qui ressentent ça. Même si on se force à ignorer que ce n’est pas une question générationnelle qui défini qui on est, il ne faut pas tourner la tête au fait qu’on s’est tous fait inculqués des principes différents.

Je considère avoir été éduquée à 75% par mes parents et à 25% par les médias. Les articles que je lis, les documentaires que je vois me permettent de me sortir de mes valeurs pour en voir d’autres sans  renier ni oublier les miennes. Instagram m’initie à l’art des autres, parce qu’on retrouve pas juste des photos de jambes bronzées là-dessus; on s’ouvres au monde de la poésie, de l’érotisme, du savoir, de la nature, et ça ouvre un paquet de portes tout ça. Ça boost la créativité, l’estime, la compréhension de ce qui nous entoure. Ça nous dit qu’il y a plus que nous, plus que des humains blancs, noirs ou jaunes, que des hétérosexuels ou des homosexuels, il y a l’instauration d’une homogénéisation du monde à laquelle je cherche à contribuer.

Alors je m’excuse, papa, pour mon esprit un peu vagabond.

Le trouble des profondeurs (Poésie)

 

À chaque pas que tu exécutes,  en pénétrant un peu plus loin dans ma tête, je me rends compte du pouvoir que je te concède. Lorsque l’on s’allonge et que tu contemples mes yeux avec une intensité que je ne reconnais que trop bien, je perçois tout ce que tu vois de moi, de mes abysses et de mes travers. Je haie savoir que tu possèdes entre tes mains l’amat de mes craintes les plus solides, les plus déchirantes, et que tu pourrais facilement les renfoncer dans ma gorge un peu plus profondément au moment de ma fatalité, de ton éloignement de cette gare qui semble être nôtre. Mon esprit fragile sommeille dans ton armure charnelle, tu ne le serres pas trop fort, par peur de le casser à nouveau, ou plutôt de le projeter sur les façades de tes murs infaillibles pour l’achever définitivement. À trop vouloir t’associer à toute forme d’art, j’en finirai par me retrouver avec le corps vide d’un musée qui ne vaut plus que des cendres amères de regrets et de mélancolie, trop forte pour même n’être que de la simple mélancolie. Une simple caresse regrettable sur la pensée que tu puisses me heurter me décortique tout le bon sens que j’ai probablement jadis eu. Une fois le pont traversé de bout en bout, je me questionnerai sur les intentions que j’entretenais, sachant malgré tout que je terminerais de paver ma route de dalles ensanglantées avec de simples résidus d’un fouillis barbelé. C’est quand on a l’âme concave que l’on réalise que celle-ci ne se remplit qu’aux pluies torrentielles, et ne sèche qu’après des déceptions telles que jamais elle ne se pourra à nouveau s’imbiber de vécu. Seulement là, je te supplierai peut-être intérieurement de revenir alimenter la floraison de mes épines brûlées.

-From my late night thoughts

What I learned about love.

As far as I can remember, I always wrote about love, even when I didn’t know exactly what love felt like. At the beginning of highschool, I guess I was just inspired by movies, books and poems, but nothing quite as good as these fantasies could come up to me in reality. I knew a lot about divorces, arguments and kisses, that’s for damn sure, but what was so fantastic about it? That’s what I was looking for; the exact reason why everyone was chasing after love so hard, craving it until they could feel full, and  a little confused over it.

That was another big question, and it appeared to be so complicated to me. Why would you stick with one human being almost everyday, until you become suddenly really worried and concerned about their behaviors and thoughts and even habits? I couldn’t get it. With time, social medias made it even more frustrating, are you texting someone else, what’s that heart emoji about, who is she? Was there even one positive fucking thing about all that mess? They  only made it sound like boys wanted sex, and girls wanted romance.

As I was evolving, art became a bigger part of my life. People from the Internet tought me that the human body wasn’t a taboo, and that’s how I learned how love worked on a raw and theoritical level. It was poetic, nothing to do with what I knew from my experiences.The physical aspect joined the mental one, I started to believe in souls and connexions even more than I already did as a buddhist. Sexuality implied more than just two naked people rubbing themselves on each other savagely,  holding hands wasn’t only a public demonstration anymore and kissing was deeper than saliva being mixed between lips.

Later on, the theoritical gave it’s place to the practical. Even if all of these things already made sense, I became really emotional over them as I fell in love myself. It wasn’t possible for me to explain love again anymore, to write about it like it was a dumb teenager’s novel full of pathetic sentences. Words couldn’t translate the feeling anymore. Not that I ever thought about denying my first experiences in ”love” as what I thought it was at fourteen years old, but this time was the real one. There was no doubt about it, I  felt it in my veins, in the beating of my heart pounding through my neck when I was watching love leaving my house without giving it a kiss, like I didn’t plan to do so (which was completely untrue.)

Today, I can only write about it the way I perceive it, the way I learned about it. I wanted to make it all come true on my blog, but didn’t know how, because I was searching for a way to make everyone understand me when I refered to love as I knew it. And I know it isn’t possible. So let me write about love, hoping that one day, you’ll also be able to write about it without anyone else to get it, because it will be your own version, your own theory.

To me, love is watching half of a movie and getting bored of it real quick because kissing is nicer. It’s going out in a snow storm because we want to eat some Kraft Dinner, but don’t have any. Love is also running under the rain, walking in a cemetary at night to talk about all kinds of stuff, eating pizza while playing video games and petting cats. Love leaves a little hole in my chest when it is sad, but doesn’t make me question my desire to stay, no matter how hard the times are. Love is making me feel comforted and watched over when it toutches my skin softly and tenderly, even if it’s just a hand on my leg in the car. Love is laying down and listening to some music, sleeping in the car, close to the highway because the show ended late and laughing over dumb shit. It’s talking about the future, the fears and the unknown without feeling so scared for once. It is also, on top of all, not being able to describe how good it feels to look in someone else’s eyes and being home. It is hard to get, hard to explain, but it’s worth believing in it.

 

 

 

Violence rime avec Enfance

Melanie Martinez est une jeune chanteuse de 20 ans seulement, connue aujourd’hui grâce à la célèbre émission télévisée The Voice dans laquelle elle faisait parti de l’équipe d’Adam Levine. Le style marginal et éclaté de l’artiste parle beaucoup pour elle, et ses allures de jeune poupée de chiffon aux cheveux arc-en-ciel et aux tatouages de gâteaux colorés la rendent incroyablement attachante. Mais ce n’est pas pour rien qu’elle s’est elle-même rapidement attribuée le surnom Cry Baby, bébé qui pleure en français. En effet, derrière ses titres intrigants aux sonorités enfantines tels que «Milk and cookies» ou bien «Dollhouse», se cachent des textes portant sur des sujets effroyables. En fait, plus précisément toutes les chansons de la jeune puerto-ricaine traitent de crimes tristes et aberrants dont beaucoup de personnes sont victimes, et ce, dans le silence le plus noir.

C’est pourquoi je me suis attardée sur trois succès de son album intitulé Cry Baby, parut en aout dernier, pour vous exposer les tréfonds de nos pires travers en tant que société. Étudier attentivement de telles trames et paroles fut sordide et sadique pour mon jeune cœur. Violence domestique, abus sexuels et superficialité sont au rendez-vous derrière des mélodies de comptines naïves et entraînantes. (Tous les liens pour les chansons sont à la fin de l’article.)

  1. Tag, You’re It (C’est toi la tague)

Tag you're it

Le titre à lui seul nous guide vers la voie de l’un des jeux les plus populaires de notre enfance, la fameuse «tague». Je te cours après pour essayer de te toucher, aller vient, on va rire. Les esprits les plus vifs d’entre vous auront rapidement compris sur quel genre de terrain cette chanson courrait…

La première écoute de cette piste peut sembler si légère, mais le pire arrive rapidement, et alors, la subtilité n’est plus. Les paroles «let me take you for a joy ride, I’ve got some candy for you inside» prononcées avec une voix modifiée très grave nous tire violement vers le stéréotype parfaitement modelé du pédophile qui attire la fillette dans sa voiture. C’est ensuite que le refrain nous frappe en plein visage avec des mots qui éveillent le cauchemar de n’importe qui, soulignant un viol imminent de la part d’un homme abusif envers sa copine… ou une enfant.

Grabbed my hair and pushed me down, took the words right out my mouth; tag, you’re it, tag, you’re it…

2. Mrs. Potatoe Head (Madame Patate)

Oldpotato2

Pour ceux qui ont prêté une lecture, aussi minime fut-elle, à mon deuxième article portant sur le sexisme, vous avez vite perçu mon penchant féministe. Voilà pourquoi Mrs. Potatoe Head m’a beaucoup accrochée, musicalement, mais aussi psychologiquement. Encore sur le terrain de jeu, Martinez s’amuse cette fois-ci avec Madame Patate en la comparant à la femme parfaite que la société moderne recherche. Au cours de sa chanson, elle la démembre, l’expose et la décrit de façon presque indécente, mais la naïveté de l’enfant règne tout de même, laissant le message planer en subtilité.

C’est à ce moment qu’il faut réaliser que l’on place entre les mains d’un enfant un jouet qu’il moule à ses désirs, tout comme les magazines et les médias mouleront plus tard cet enfant en l’attaquant d’images absurdes. Cette chanson sur les chirurgies esthétiques nous le met sous le nez.

Don’t be dramatic, it’s only some plastic, no one will love you if you’re unattractive. Oh, Mrs. Potatoe Head, tell me, is it true that pain is beauty?

3. Sippy Cup (Gobelet)

sippy cup

La meilleure pour la fin, parce que l’analyse de cette chanson fut tout un défi. Bien que le vidéoclip soit assez explicite, les paroles cachent bien plus qu’un message. Tous les identifier prend plus de temps que vous ne le croyez, c’est pourquoi je vous invite à l’écouter et à me partager ce que vous en tirez. Voici ce que moi j’en ai pensé.

En premier abord, le sujet de l’alcoolisme est clairement souligné. La référence à l’enfance est qu’un gobelet est ce que l’on utilise pour mieux faire passer le mauvais sirop pour le rhume aux enfants. On peut percevoir sous les premiers propos que tout ce qu’on tente d’oublier avec l’alcool reste indemne, ne s’efface ni se dissipe. Boire, c’est se mentir à soi-même et faire du mal à son entourage.

Blood still stains when the sheets are washed

(Le sang tache même si les draps sont lavés)

He’s still dead when you’re done with the bottle

(Il reste mort, même si tu vides la bouteille)

Plus tard dans la chanson, le manque d’estime de soi et la dépression sont fortement apportées avec une vague de mots lourds, pas du tout implicites. Le texte fait mention du concept de suivre le troupeau pour ressembler à tout le monde. Mais, encore une fois, l’entrain de la chanteuse nous fait presque oublier que l’on sous-entend ici l’histoire d’une famille démolie par l’abus, les mensonges et la solitude.

If they say to kill yourself, then you will try it

(Si ils te disent de te tuer, alors tu essaieras)

All the make up in the world won’t make you less insecure

(Tout le maquillage du monde ne pourra te faire sentir plus en sécurité)

Bien que plusieurs autres concepts troublants se tapissent sous les chansons de Melanie Martinez, je vous ai exposé les plus flagrants. À vous de découvrir le reste de l’horreur, mais avec le bonheur d’écouter une artiste dotée d’une voix exceptionnelle, d’un talent d’auteure incomparable et d’une originalité rafraichissante. Je recommande d’ailleurs fortement le titre Soap, de loin mon favori. J’aurais pu le traiter, mais je vous en laisse le plaisir.

Voici les liens pour écouter les chansons mentionnées:

Tag, You’re It

Mrs. Potatoe Head

Sippy Cup (vidéoclip)

Soap (avec le clip méga psychédélique, good luck)

Je m’excuse d’être une Femme.

Je suis née comme un objet vulgaire qui pousse à la perversion. Mes jambes sont des morceaux de viande que je devrai cacher à tout prix pour ne pas me faire accuser du viol dont je serai surement victime par ma propre faute. Une fois entrée à l’école, je regarderai les autres de ma Race, la Race Inférieure. Cette lignée de créatures descendues de la côte de l’Homme tout puissant, celui que nous devons vénérer. Je me plierai aux règles pour être comme les autres de mon espèce, même si je sais que je n’arrêterai jamais d’être blâmée pour ce que je suis. Pour tenter les autres, je devrai rester mystérieuse, ne pas trop m’affirmer, car tel est mon destin, n’est-ce pas? Une Femme ne parle pas. Je ne dois pas avoir d’opinion, il faut en laisser pour l’Homme. C’est lui qui sait, lui seul qui possède la raison. Ma tête est vide, je n’entretiens en elle que de simples idées restreintes de ce que je perçois du monde, je suis programmée pour me dénigrer moi-même afin de suivre un mouvement qui me déteste. Je ne ferai aucun sport, car ce n’est pas de mon essors d’avoir recourt à de telles pratiques, mais je devrai tout de même rester menue pour perpétuer cette conception de perfection que je ne suis absolument pas selon le regard de la société. Alors je me laisserai crever de faim pour sentir mes os fréquenter ma peau de trop près, alors seulement là je serai ce que je suis destinée à être. Un objet tentant qui sera blâmé de l’être. Lorsque je me détournerai de mes obligations pourtant simples de femme, je m’excuserai, sinon, on risquerait de me dévisager comme si je trompais ma Race. Au collège, les surveillants arpenteront les corridors et m’observeront de la tête au pied. Si mon épaule dépasse un peu trop, ou qu’encore pire, la démarcation de ma poitrine est entrevue, je serai escortée au bureau pour recevoir un avertissement. Ça n’arrivera plus, pardonnez ce corps offensant que je n’ai pas choisi. Je croiserai, plus tard, un Homme qui marchera torse nu dans la rue. Je devrai l’admirer; quelle grâce d’assumer ainsi ses attributs. Voilà ce que la confiance en soi représente. Moi, je n’y aurai jamais accès complètement. Mais ce n’est pas grave, je resterai la simple image obscène et enviable que les autres tendent à dénigrer et rabaisser.

Évidemment, ce texte est une triste hyperbole de ce que les femmes vivent, à petite ou même à grande échelle, depuis des décennies. J’aurais pu utiliser les termes «salopes» ou «dépravée» pour arriver au même résultat, mais la vérité, c’est que la femme est véritablement modelée comme nous la voulons tous, et malheureusement, en suivant grassement le modèle que mon texte propose. Si tu es une personne de sexe féminin et que tu lis ceci, garde en tête que ce modèle parfait ne doit pas te correspondre. Je t’invite à continuer de te battre à mes côtés, à élever ta voix, à faire le métier que tu souhaites et à assumer le corps que tu as. Et, au risque d’être pointée du doigt pour mes propos probablement jugés comme étant pervertis selon la société actuelle, notre corps est comme celui de l’homme sur le plan éthique, et non biologique. Nous sommes des âmes, pas de la viande, et exposer notre chair n’est pas plus déplacé que de constater admirablement celle des hommes. Si je suis pour le mouvement Free the nipples? Bien sûr. «Alors prouve-le et fais-le!» Non, simplement parce que j’ai d’autres moyens d’entretenir mon combat contre le sexisme. Mais si il y a bien une promesse que je puisse officialiser avec mes lecteurs, c’est que tant que la discrimination sera inégale au niveau des sexes, je crierai à l’injustice.