En réponse à Philippe Lorange

Pour ceux qui ne sont pas au courant de quoi il est question ici, vous pouvez tout d’abord aller lire mon article intitulé Le syndrome de Crowder, disponible en cliquant sur ce lien: Le syndrome de Crowder. Philippe Lorange a décidé d’y répondre en partageant son point de vue sur le sujet, ce qui a alimenté un débat intéressant considérant que nos opinions sont extrêmement divergentes (Philippe se considère conservateur alors que je me situerais personnellement davantage sur la gauche, quoi que je préfère ne pas me prononcer plus précisément). Pour lire la réponse de Philippe, cliquez sur ce lien:Réponse de Philippe.  J’ai répliqué sous format de lettre, puis Philippe a suggéré que je publie la dite réponse sur mon blog, idée que j’ai trouvé pertinente puisque cela rend le débat accessible et ouvert à tous. Bonne lecture!

Bonjour Philippe. Tout d’abord, merci de ton intérêt pour mon article. Tu m’as affirmé, en message privé, l’avoir lu trois fois. Malgré tout, avant de répondre à tes commentaires, je tiens à ré-adresser certains points que je considère comme étant cruciaux lors de la lecture de mon texte, points auxquels je risque de revenir par moments.  Il y a un paragraphe de mise en garde au début qui précise clairement que j’écris de façon subjective, et avec humour. Également, cet article n’avait pas pour but de dresser une étude précise avec des statistiques et des sources, ma seule source étant, dans ce cas, des éléments de la série Change my mind. Dans les commentaires de ta publication, tu dis aussi ne pas avoir jugé nécessaire de visionner Crowder pour formuler tes idées sur mes écrits, alors qu’à mon humble avis, cela aurait été la moindre des choses, mais cela me concerne. Pour la cause et vu l’étendue de ta réponse, je risque apparemment d’avoir recours à certaines sources pour appuyer mon point de vu plus profondément. Mon introduction est terminée, allons-y maintenant point par point.

Tu commences en reprenant mes propos «homme blanc hétérosexuel cisgenre moyen», pour, par la suite dire «ouf! ça en fait du stigmate pour une gauche qui lutte soi-disant contre toutes les mauvaises étiquettes». Je reviens sur l’aspect humoristique de mon texte; le portrait brossé est grossier et caricatural. Crois-je vraiment que seuls les hommes blancs hétérosexuels cisgenres moyens partagent l’opinion de Crowder? Bien sûr que non, son émission même en est la preuve, il serait incohérent de ma part de n’attaquer que ce regroupement extrêmement précis d’individus alors que ma source en elle-même démontre des exemples de femmes noires qui sont de son côté. La raison pour laquelle je présente mon sujet ainsi est pour des questions de circonstances : il s’avère que Crowder répond à ce profil, et je mentionne d’ailleurs un peu plus tard dans le texte que «n’importe qui voudra aller discuter avec quelqu’un d’aussi caricaturé que Crowder : un homme blanc qui croit que le patriarcat est un mythe et que les genres se comptent sur les doigts de la main, et non sur un spectre bien plus large». Ce passage ne dissimule rien, il est aussi simple que présenté, Crowder est un personnage au profil de base, il aurait pu être une femme noire, mais non. Il est bel et bien un homme blanc qui dit que les privilèges d’homme blanc sont un mythe (mon détecteur d’ironie s’est déclenché ici). Je vais citer ce qu’un proche à moi a dit : «Le poisson ne voit pas qu’il est dans l’eau». Cela se rallie à mon idée des hommes vis-à-vis le sujet de l’avortement. Peuvent-ils avoir une opinion? Absolument. Est-ce que je me donne le droit de dire que je ne suis pas en accord? Absolument aussi. Encore une fois, un passage que tu as peut-être sauté puisqu’il est écrit cela pratiquement mot pour mot dans mon article. C’est malheureux, tu m’accuses de plusieurs choses qui sont pourtant expliquées, mais nous y reviendrons plus tard.

«Premièrement, permettez-moi de revenir sur le terme utilisé : syndrome. La gauche utilise depuis plusieurs années un vocabulaire médical pour tenter de psychiatriser l’adversaire». Je n’ai qu’une chose répondre à ce sujet, Philippe : humour. Encore. Pour donner une forme à mon article, j’ai décidé de faire entrer le profil de l’animateur dans un certain moule satirique, d’où l’idée du syndrome. Psychiatriser mon adversaire, c’est assez lourd comme terme, toi qui me dis également plus tard dans tes commentaires que j’utilise des exagérations. Si cela te rend plus confortable, remplace le format du syndrome par celui de la «fièvre de Crowder», tout comme on dit «fièvre de la danse» sans se sentir insulté, ou bien, pour rendre mon texte plus banal et moins humoristique, appelons cela «le phénomène Crowder». Au cas où le terme syndrome soit encore choquant malgré mes explications, alors excuse-moi, comme tu le vois, mon intention n’était heureusement pas de psychiatriser. «On le voit notamment avec la popularité de mots finissant en « phobe » : homophobe, islamophobe, xénophobe, transphobe, grossophobe (peur des gros). Autrement dit, si l’autre n’est pas d’accord avec moi, c’est qu’il atteint d’une phobie, ou dans ce cas-ci, d’un syndrome. Malade, il ne peut avoir toute sa raison pour bien réfléchir, il est donc en désaccord pour des raisons psychiatriques.» Sur ce point, je ne peux me rallier à toi en aucun cas ni me justifier. Dans ces cas précis que tu présentes, il n’est pas question d’être d’accord ou non : la haine de l’homosexualité, par exemple, est une forme d’oppression à mes yeux, et non une opinion. Malheureusement, je fais partie de ceux qui croient que certaines opinions sont les bonnes dans certains cas. Pour moi, ne pas être d’accord avec le mariage homosexuel, le refuser et prêter ses croyances à l’idée que les homosexuels sont des individus qui n’ont pas le même droit que les hétérosexuels, c’est effectivement de la phobie. C’est la peur de l’autre, purement et simplement. Il est erroné de dire que le terme «homophobie» est psychiatrique, il ne l’est pas. Il signifie la «crainte» et «l’hostilité systématique» (voir la définition du dictionnaire Larousse). Et en passant, juste par pure envie de t’en informer : homophobie est un terme accepté par la langue française et lié à cette définition exacte que j’ai citée ci-haut. Autre fait amusant, tu peux féminiser le mot «auteur» et y ajouter un «e». C’est permis (consulte à nouveau le dictionnaire Larousse au besoin). Tu l’as omis dans ton texte, je réajustais donc le tir : je suis une auteure. Ce que tu as appelé une lubie (en message privé), une lubie étant d’ailleurs un «caprice extravagant», n’est en fait qu’un mot très valide de la langue française. Je peux donc dire que ce serait une lubie d’employer le mot «fraise»? Allons, je blague. Reprenons. 🙂

Après avoir cité l’un de mes passages, tu dis : «Dans ce cas-ci, il est possible que l’auteur de l’article ait raison (en parlant du fait que j’avance que Crowder est vague dans ses arguments). Seulement, pour avancer un argument, il faut des preuves, donc des citations, ce que l’auteur ne rapporte qu’une seule fois dans tout son article. Le reste n’est qu’impressions, opinions et discours rapportés : un beau cocktail de manque d’objectivité et de rigueur». Voilà le moment auquel je te rapporte à mon sujet amené/à ma mise en garde : tu m’accuses d’un manque d’objectivité alors que mon texte est présenté comme étant subjectif, et ce, noir sur blanc. En ce qui concerne la rigueur, je refais également surface avec le fait que cet article n’était ni une étude, ni un projet concret auquel je voulais attacher de multiples sources. Je te donne raison sur un point : j’ai avancé quelque chose et, bien que cela n’aurait été qu’un discours rapporté, j’aurais pu y appuyer une citation de Crowder. Dans l’épisode intitulé There are only two genders : Change my mind, une femme transexuelle se présente au kiosque de Crowder (de son plein gré et dans l’envie d’y discuter respectueusement). Tout au long de la conversation, elle demeure civile, calme, posée et lorsqu’elle n’a pas d’arguments pour soutenir ses points, elle lui cède la parole. Steven s’assure qu’il ne lui manque pas de respect et qu’elle ne se sent pas insultée par ses arguments. Il n’est pas cet homme affreux à qui je ne veux en aucun cas donner raison parce que ses opinions diffèrent des miennes, je tiens à mettre cela au clair. Si je visionnais à nouveau l’une de ses vidéos et que j’y trouvais un passage concret au cours duquel il rend un individu (ciblé directement par le débat) sensible et émotif, j’y mettrai la citation.

Tu m’accuses d’attaque à la personne puisque j’affirme que Steven Crowder est en manque d’attention. Rappelons *à nouveau* que mon article est subjectif et basé sur ma vision personnelle des choses : comment moi, avec mon bagage, ma perception et mes opinions en main, j’interprète ce que j’écoute. Je ne ressens pas le besoin de te citer quoi que ce soit sur ce point en particulier, puisque ce passage de mon article provient tout simplement de mon idée que s’asseoir à un stand publiquement et vouloir converser sur des sujets «chauds» avec des gens en ayant conscience de posséder des opinions très précises et conservatrices, c’est de vouloir de l’attention. Comment le nier? Steven Crowder est un animateur, n’est-ce pas une partie de son travail que de vouloir l’attention des gens? En me disant que je formule une attaque à la personne, tu sous-entends qu’en employant l’expression «besoin vif d’attention», j’ai voulu pointer quelque chose de mal, alors qu’à mes yeux cela n’est qu’un fait *tiré de ma propre perception*. Aussi, je trouve effectivement que Steven Crowder utilise des tactiques de manipulation, j’en explore d’ailleurs une dans mon article, celle qu’il utilise avec une femme non-binaire en lui disant qu’elle a automatiquement assumé son genre pour la faire sentir coupable alors que Crowder se dit ouvertement homme. C’est très problématique en soi de détourner une conversation à son avantage ainsi, selon moi. Finissons par ta «blague» de TDAH : tu parles de psychiatriser alors que tu le fais toi-même, en me mettant à la bouche des mots que je n’ai pas utilisés. Tu blaguais, je suis au courant (c’est déjà ça). Tu serais donc drôlement positionner pour me dire que je psychiatrise en me servant du mot «syndrome». C’était une petite parenthèse.

Je préfère personnellement passer par-dessus le passage où tu abordes la théorie des genres (théorie que j’ai par ailleurs étudiée et sur laquelle j’ai eu des cours). Non pas parce que je ne saurais pas quoi en dire, mais plutôt parce que je pense qu’on s’éloignerait du sujet principal. J’ai formulé mon opinion ainsi : Crowder semble investi à parler des genres et de dire ouvertement qu’il ne croit pas aux principes de la non binarité et de la fluidité des genres jusqu’au point de s’asseoir et d’attendre qu’on vienne changer ses idées sur la chose, sachant que des gens non-binaires/fluides viendraient en discuter avec lui. Le débat en soi est valide, mais le fait que Crowder récidive et en fasse un épisode à deux parties tant il semble être divertit par tous ces gens qui tentent de lui prouver qu’ils ont droit à leur identité; le principe en soi est absurde à mes yeux, et me fait même rire. Je passe la chose parce que cela n’en tient qu’à mon opinion personnelle (wow, encore? Et oui, c’est ce sur quoi mon article est basé, après tout).

En ce qui concerne ton «chicottement» face à ma mention de violence inégalée au coeur de la communauté LGBTQ+; je n’ai pas souffert de fièvre en employant ces termes. J’ai vu que tu as cité Camus en commentaires : j’ai trouvé ça intéressant! Je suis d’ailleurs d’accord avec la dite citation. Par ailleurs, si j’avais à refaire mon texte, j’utiliserais encore l’adjectif «inégalée». Je n’ai effectivement pas précisé, géographiquement parlant, où se situait cette dite violence, c’est idéal que tu m’aies laissé le bénéfice du doute sur le sujet. Mon propos était assez global et s’appliquait au monde en général. Repensons à Kenneth Zeller, Aaron Webster, Alain Brosseau ou bien Conner Copeman, tous des homosexuels attaqués froidement au couteau ou bien à coups de bats de baseball. Où vivaient ces gens? Au Canada. Ton point était que cette violence peut en effet être égalée (triste réalité), mon point est qu’à mes yeux, elle est inégalée puisque ces gens sont morts pour des raisons identitaires. Pour avoir été qui ils sont. Pas pour leur religion, ni leurs opinions politiques (et des crimes justifiés par de tels motifs sont affreux aussi), mais bien pour avoir été là, au mauvais endroit, au mauvais moment, à aimer la mauvaise personne. Une violence inégalée puisqu’une violence puisée dans le rejet systématique, la crainte et la haine de deux individus du même sexe qui s’aiment. Pour moi, il y a quelque chose de trop simple dans ce calcul pour que l’équation en soit un meurtre. Opinion personnelle (on y revient souvent, à ce point là).

Nous voici donc enfin arrivés au fameux passage traitant de l’avortement. Je sais définitivement que nos opinions ne se rejoignent pas en ce sens, et que rien ne parviendra à ce que nous nous mettions d’accord. Je ne vais donc pas m’attarder à essayer de te faire changer d’avis (see what I did there?), je vais plutôt analyser tes arguments et essayer d’y voir plus clair et de te pointer ce que je crois être mal formulé. «Donc les hommes ne doivent pas parler d’avortement. Pourtant, cet enfant qui est dans le ventre de la mère, il est le leur aussi, n’ont-ils pas leur droit de s’exprimer sur la vie de leur progéniture? En suivant la même logique, est-ce qu’un Blanc peut parler d’esclavage? Est-ce qu’un Canadien-anglais peut s’exprimer sur l’indépendantisme québécois? Est-ce qu’un Québécois de souche peut monter une pièce de théâtre sur la tragédie des pensionnats autochtones?».

Bon, déjà, tu n’abordes pas certaines possibilités, (ce que je comprends puisque mon texte ne traite pas exclusivement du sujet de l’avortement), telles que les cas de femmes violées qui se sont faites implantées un enfant par un prédateur sexuel qui s’est introduit de force en elles. Mais ces hommes sont les pères et ils devraient pouvoir choisir aussi, tout comme ils pouvaient choisir d’avoir une relation sexuelle non-consensuelle avec ces femmes. La dernière partie de ma phrase ne t’est pas attribuée, tu n’as pas employé ces mots et je ne te les mettrai pas en bouche, mais c’est exactement comme ça que j’interprète ton segment de phrase. Je vais aborder quelque chose de très personnel, par choix. J’éprouve un grand malaise lorsque vient le moment de parler d’accouchements; j’en ai peur, j’appréhende beaucoup la douleur et je suis même étourdie quand je suis confrontée à une scène (cinématographique, par exemple) représentant un accouchement. Aucun homme ne peut comprendre ce sentiment, ni ne peut vivre l’acte d’accoucher en soi, l’empathie étant ce à quoi il a recours. Mise en contexte: supposons que je tombe enceinte à la suite d’une relation sexuelle consentie avec mon partenaire, que nous étions protégés mais que, par un hasard peu fortuné, le moyen de contraception ait failli à la tâche, quel qu’il soit. Premièrement, je ne suis pas prête à avoir un enfant. Deuxièmement, j’ai une peur et un profond malaise par rapport aux accouchements et je ne me sens pas psychologiquement disposée à affronter la chose. Troisièmement, je n’ai pas les moyens d’élever un enfant, ce qui n’offre pas un avenir prometteur à la descendance dont il est question. Mon partenaire a-t-il son mot à dire? Oui. Je serai attentive à lui, il peut se prononcer, et ici, je tiens à citer un passage de mon propre article : «je n’empêche aucun individu de se prononcer sur quoi que ce soit, je me donne simplement le droit de lui mentionner si je considère, d’un point de vu personnel, s’il est à sa place lorsqu’il formule sa pensée sur un certain sujet». La décision finale me reviendra, si ce n’est que sur le plan technique et non moral. Car, qu’est-ce que mon partenaire peut faire si, au final, je choisis l’avortement? Il va repousser le foetus dans mon utérus et lutter physiquement? Il va me violer pour réessayer? Ces cas sont extrêmes, parce que je trouve aussi extrême de penser que l’homme puisse *décider* pour la femme. Se prononcer? Il en a totalement le droit. Mais jamais la décision ultime ne lui reviendra. C’est ainsi. Finalement, tu me donnes raison sur le moment auquel j’accuse Crowder de comparer des éléments qui ne sont pas directement liés au contexte du débat. Parler d’esclavagisme alors qu’on parle d’avortement… c’est absurde. Je ne donnerai pas mon avis sur ces phrases parce que je m’éloignerais, mon but ici est plutôt de réajuster le tir en disant que si je voulais débattre sur l’esclavagisme ou l’indépendantisme, je ferais un texte là-dessus. «On dira je divague», et bien oui, effectivement.

Oh! Et tu supposes que j’emploie le mot «conservateur» de façon péjorative. Pourquoi? Il n’est écrit nulle part «ces foutus conservateurs!» ou bien «je haie les conservateurs!». Steven Crowder est ouvertement conservateur. C’est un fait. Il le dit lui-même, je réutilise l’information puisque j’en ai le droit, je ne l’ai pas sous-entendue.

J’espère que ma réponse est assez détaillée. Il y a peut-être quelques petites coquilles par-ci par là. Je souhaite simplement dire que je ne compte pas répliquer à nouveau, et si l’envie t’en prend, je suggère alors que cela se fasse en personne si le débat a à être poussé plus loin. Ce serait plus facile. Je n’ai pas l’impression de t’attaquer non plus, mais bien de me défendre et défendre mon travail, un article dont je suis fière. Bonne journée!

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LE VÉGANISME RADICAL: OUI OU NON?

Un gros débat s’impose lorsque l’on entre dans les détails exacts des termes suivants: végétarisme, végétalisme et véganisme. Qu’est-ce qui est éthique, acceptable et même criminel aux yeux de certains? La hiérarchisation que les humains s’imposent depuis le début des temps s’applique-t-elle également aux animaux, sont-ils là pour simplement répondre à nos envies? Pour bien en saisir l’ampleur et comprendre exactement ce qu’il en est, il est essentiel de prendre le temps de définir ces différents concepts encore méconnus malgré leur popularité grandissante.

 

Végétarisme

Le végétarisme est une diète consistant à éliminer toute consommation de viande de sa vie quotidienne, qu’il s’agisse de volaille, de viande rouge ou même de fruits de mer. Pour certains, une branche plus précise en découle; l’ovo-lacto-végétarisme, le fait de ne manger aucune viande tout en continuant d’inclure le lait et les œufs à son régime courant. Pour éviter les carences en fer et en protéine, une transition douce et graduelle s’impose pour que le végétarien en devenir demeure en bonne santé tout au long du processus. Alors que plusieurs s’arrêtent à ce stade, une grande majorité d’individus convertis au végétarisme poursuivent leur investissement dans la cause et décident d’aller encore plus loin, ce qui nous apporte directement au second terme.

 

Végétalisme

Désormais, tout produit de provenance animale est alors banni de l’alimentation. Cette branche peut sembler extrême puisqu’elle inclus non seulement œufs, lait et fromage, mais également certains ingrédients couramment utilisés dans de nombreux aliments tels que le miel, l’huile de palme et les substances laitières dérivées. Le végétalien doit alors se fixer des objectifs pour aller chercher tous ses nutriments nécessaires dans de la nourriture à base de plantes. Rapidement, les légumineuses, les noix et de multiples alternatives font leur entrée dans un menu diversifié, coloré et sain, sans cruauté impliquée. Une fois cette étape franchie, certains revendicateurs courageux et très impliqués dans la cause plongent alors dans une autre dimension;

 

Véganisme

Alors que la masse croit que l’on ne peut se rendre plus loin, d’autres la rappelle à l’ordre en pointant d’un doigt accusateur tout matériel ayant nécessité la mort d’un être vivant. Ainsi, les marques de cosmétiques testées sur les animaux, les vêtements en fourrure et en peau ne sont plus de mise pour les véganes, en plus de leur propre interdiction de manger quelconque produit ou animal ou dérivé.

 

Radicalisme?

Tout cela est très respectable. La plupart des omnivores applaudissent cette capacité qu’on leurs compères humains à faire de si grands choix et s’imposer un mode de vie si stricte pour respecter la vie dans son ensemble. Par contre, une bonne partie de la population se voit choquée devant les véganes radicaux, ceux qui refusent même de manger en présence d’individus consommant de la viande sous leurs yeux. Exagéré? Tout est une question de perspective. D’un premier coup d’œil, il est facile de juger un camp ou bien l’autre dépendamment de nos croyances et de ce qui nous tient à cœur. L’importance de ce grand débat réside dans l’écoute des arguments auxquels on fait face quand ce sujet survient. Qu’est-ce qui pousse une personne à ne plus vouloir côtoyer la cruauté animale de près, que pense-t-elle et à quel stade est-ce que sa passion devient une attaque reprochable?

 

Une question d’éthique

J’ai visionné une vidéo absolument enrichissante sur YouTube qui m’a beaucoup fait réfléchir. Elle impliquait deux jeunes filles françaises aux opinions divergentes sur le sujet débattre respectueusement et leur point de vue était défendu avec brio, si bien que je n’ai éprouvé de haine envers aucun des partis (à noter que je suis une végétarienne intéressée par le végétalisme et que je suis assez conscientisée et sensible à ce débat. Le lien de la vidéo sera déposé à la fin de cet article).

Antastesia, végane absolue et dite ”radicale”, affirme refuser de manger avec quelqu’un qui dévore de la viande devant elle. J’ai été moi-même surprise sur le coup; je n’avais jamais envisagé la possibilité de décliner des repas avec d’autres personnes parce qu’elles ne tenaient pas à manger de la même façon que moi en ma présence pour me ”satisfaire”. Je suis en couple avec un omnivore, et le simple fait de le voir apprécier la cuisine végétarienne et de vouloir essayer mes alternatives de temps à autre me réchauffe le cœur. Au fil de la vidéo, j’ai alors compris que tout n’était qu’une question de perception quant à l’égalité, la hiérarchisation et l’acceptation. De plus en plus d’individus s’informent sur l’industrie animalière, le sort qui est réservé aux animaux dans les abattoirs et s’engagent alors dans la mentalité de placer ces bêtes au même niveau que le nôtre. Pour eux, il est nécessaire de donner une voix aux vivants qui n’en ont pas, c’est le même principe que de défendre la liberté d’expression, de chercher à éradiquer la violence faite au regroupement LGBTQA+, de vouloir aider à réduire la famine dans le monde, et j’en passe. C’est l’envie de faire de cette injustice une injustice aussi condamnable que toutes les autres, et ce, en refusant de partager un repas avec un mangeur de viande comme ils le refuseraient avec un batteur de femmes. Vous y voyez une exagération? Vous n’êtes pas ignorants ni monstrueux; votre vision est en fait exactement celle de la majorité, probablement située là où il est normal qu’elle le soit encore selon notre époque.

 

S’informer et se questionner

Là où beaucoup d’omnivores commettent une grave erreur est en désignant la communauté végane comme étant une clique se croyant supérieure, enrôlant de force le plus de partis possibles et étant fermée d’esprit à tous les modes de vie ne s’inscrivant pas dans leurs règles et leurs valeurs, alors que c’est tout le contraire. Certes, les gens qui décident de faire une telle transition sont très défendeurs de leurs croyances; parce qu’ils ont vu l’injustice, ils y croient et leur sentiment le plus fort, celui guidant leurs actions, est la tristesse. La tristesse de concevoir que leur mouvement avance avec une certaine lenteur encore, et que beaucoup se ferment au simple fait d’entendre qu’il est possible de changer les choses en cessant la consommation de produits animaux. Très peu saisissent que beaucoup de problèmes peuvent être réglés grâce au végétarisme/végétalisme/véganisme; les pénuries, le manque d’espace, les maladies incurables, non pas seulement la cruauté animale mais notre propre santé est en jeu dans ce grand débat qui fait frémir une bonne partie de la population mondiale. Et si on commençait par s’informer, regarder des documentaires, questionner les gens qui prennent la décision d’adhérer à une idéologie qui, au fond, ne cherche pas à blâmer qui que ce soit, mais à aider tout le monde.

Les bons moyens

Comme cet article n’est pas un biais d’opinion (bien qu’il en soit légèrement teinté), je tiens donc à établir un équilibre dans les points que j’apporte. Je crois effectivement qu’il y a une bonne façon de répandre un discours et qu’attaquer les gens qui se questionnent ou les considérer comme des opposants est une erreur. Il est vrai que la communauté végane peut paraître stricte et intense aux premiers abords, et je confirme qu’elle l’est parfois trop. Pour réussir à motiver les gens à changer leurs habitudes de façon saine et respectueuse, il est essentiel de le faire en douceur et à l’aide d’encouragements, sans oppresser ni menacer. Les campagnes de peur sont quelque peu brusques encore selon la perspective générale de la cause des animaux. Malgré tout, les vidéos chocs sont tout de même nécessaires pour saisir l’ampleur du problème, les impacts et ainsi changer les mentalités. Je pense sincèrement que tout est une question de dosage, de compréhension et de respect de la part des deux partis impliqués.

 

Lien de la vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=dFSf-7LrPvE

Documentaire intéressant sur le sujet et disponible sur Netflix: Cowspiracy

 

 

Et pourtant (Billet féministe)

 

 

Une pensée populaire partagée entre certains hommes bien conscients de leurs privilèges souhaite faire porter au féminisme une étiquette tristement discriminatoire et fausse envers le sexe opposé. C’est de là qu’est né le principe d’égalitarisme, un terme étrange issu d’un fâcheux malentendu; alors que les femmes poursuivent avec une émouvante ardeur la lutte pour l’acquisition intégrale de leurs droits fondamentaux, plusieurs messieurs se sont vus être offusqués et effrayés d’assister à une bataille cherchant à les détrôner de leur confortable rôle de meneurs respectés. Alors que j’ai moi-même eu droit de me faire remettre à ma place en m’exprimant publiquement sur le sujet, l’envie m’est venue de remettre les pendules à l’heure. Il n’est jamais trop tard pour s’éduquer avant de s’insurger et de se prêter au jeu des définitions pour véritablement savoir pourquoi on crie au loup. À tous ces garçons qui m’ont blâmé de me défendre, qui m’ont lancé les pires arguments pour m’accuser de m’auto-victimiser et pour me prouver la CHANCE que j’avais, moi, d’être une femme en cette société qui est la nôtre; lisez.

Mais qu’est-ce qui vous fait donc si peur? Aussitôt que vous voyez par malheur une médiatisation promotionnelle positive de l’appropriation qu’une femme se doit de faire de son propre corps, la panique vous habite. Vous attaquez, c’est dégueulasse une fille qui se rase pas, c’est notre fœtus à nous aussi, fuck l’avortement. J’exagère?

Et pourtant, j’ai véritablement vu ces commentaires, et il y en a des pires. J’en ferai la liste plus loin. Ce qui me ronge, ce ne sont pas les propos tenus en soi, mais plutôt  les gens derrière ceux-ci qui n’y voient aucun problème. On me répète sans cesse que je n’ai pas à me plaindre d’être traitée différemment à cause de mon genre.

Et pourtant, je vous assure que mon école secondaire (que j’ai heureusement quittée il y a de cela quelques mois) continue de s’insurger devant les épaules découvertes de jeunes filles qui sont là pour se scolariser, et non se sexualiser. C’est un bien vieux discours qui ne cessera de m’attrister, et beaucoup savent que je me suis battu pour cette cause, sans arrêt. De toute façon, si elles veulent se dénuder, ce sont elles qui auront à vivre avec les conséquences de leurs actes en se faisant attribuer les surnoms pute, salope, trainée. Mais non, les jeunes garçons savent nous respecter, maintenant!

Et pourtant, si l’on s’attarde aux catégories de films pornographiques les plus visionnés, Teen Sex est en sixième position et 79% des jeunes sont accidentellement exposés à de la pornographie via le web. (Online Victimization of Youth: Five Years Later, 2006). Par contre, cela ne représente absolument rien. Effectivement, aucun idéal sexuel n’est imposé dans la tête des adolescentes à cause de ces films dits ‘’adultes’’, puisqu’elles sont libres, indépendantes et conscientes que leur corps est LEUR corps.

Et pourtant, il existe une banalisation et une normalisation de l’établissement du sexisme avec l’intégration de stéréotypes affectant gravement l’égalité homme/femme. La femme, au fil des années et malgré tout ce qu’on en dit, porte encore un rôle d’objet dans le monde de la publicité et est représentée comme une figure se voulant plaisante pour l’homme. Mais il faut faire attention; AUCUN homme ne participe à ce principe dégradant de son plein gré, chacun cherchant à alimenter le féminisme de son mieux, car salir cette cause rimerait à reculer des siècles en arrière…

…et pourtant, ce n’est pas le cas pour tous. Je suis capable d’affirmer avec certitude que plusieurs humains, hommes et femmes, sont en quête d’une égalité entre chaque être et avancent en harmonie avec le mouvement féministe pour vaincre les privilèges instaurés par l’Homme Blanc et Riche depuis le début des temps.  Certains, par contre, ont cru  qu’il serait plus juste d’inventer ‘’l’égalitarisme’’, croyant que le féminisme visait à laisser les femmes prendre le dessus sur le monde entier et devenir… enfin, ce que les hommes ont été longtemps et sont encore malheureusement aujourd’hui, dominantes. Le terme ‘’méninisme’’ a même fait son apparition, cherchant à renverser certains stéréotypes pour démontrer que les hommes aussi sont les proies d’un système injuste les réduisant à un rôle patriarcal faussement attribué.

Je constate tristement tous ces combats en me disant, très ironiquement, que tous ces clans se battent initialement pour la même raison; l’égalité homme/femme. Au lieu de travailler de concert, ils se rabaissent, s’insultent et se tachent entre eux parce qu’une crainte injustifiée persiste, la peur que la femme soit entièrement perçue comme l’homme. Sur le plan social et personnel, que l’on parle de salaire ou de préjugés.

Je souhaite vraiment terminer ce billet sur une note plus sombre en citant quelques commentaires que j’ai recueilli durant mes recherches sur le sujet. Ces opinions reflètent une grande incompréhension du féminisme qu’il est temps d’abattre. La mauvaise conception de ce mouvement est ce qui le mène vers des obstacles. *

*Les propos suivants sont rapportés mot pour mot et leurs auteurs sont nommés, ainsi que le contexte des commentaires. Comme ceux-ci étaient initialement publiques et assumés, je ne voyais pas le problème de les rapporter.

 

‘’The Reason A Feminist Rejected Her Son Is All The Proof You Need That Feminism Is Poison’’ (titre d’un article en provenance de meninism.net)

‘’So they cry when they are objectified and cry when they aren’t. Shocker’’

Skye Hebert, commenté sur a photo d’une femme en costume de bain.

‘’I need meninism because the movie Magic Mike promotes an unrealistic expectation of how men’s bodies should look.’’

-De la page Facebook Meninist.

‘’3 months ago I said Hi to a feminist. She said Hi back. Just kidding. She posted 300 status about how I terrorized her’’

-Raja Tlha Ul Hassan, commenté sur la page Meninist (parce que rire de la culture du viol c’est drôle j’imagine)

‘’It takes two to tango, sweetheart. That fetus doesn’t only belong to the mother.’’

Mike Lanning, commenté lors d’un débat sur l’avortement (merci pour l’éjaculation, vas-tu participer à l’accouchement aussi? Ah non.)

La plateforme à rabais. (Pourquoi j’ai arrêté d’écrire)

Qu’est-ce qu’on ferait sans Les Internets? Publier moins de photos de langues sorties et ignorer l’existance du trendy #BasicWhiteGirl, certainement. Mais au-delà de cela, sait-on vraiment à quoi on ressemblerait sans la vaste toile dans laquelle on est tous entassés comme des moustiques? On aurait l’air moins cons, oui. Je viens pas me prendre pour une autre, de toute façon, y’a juste ma mère pis quelques personnes avec de la bonne volonté qui lisent mes articles. Sauf que ça me satisfait entièrement. Pourquoi? Parce que ça me prouve que j’écris pas de la marde tant que ça.

 

Facebook, le gros buffet froid dans lequel tous se servent un peu trop allègrement, sans penser au fait que ça risque de sortir en vomi d’une seconde à l’autre. Des articles intitulés Les Relations Amoureuses en 2016 qui pleuvent en déluge et les partages de toutes les publications abrutissantes de Connerie QC m’ont démontré, au fil du temps, qu’on est gourmands de tout ce qui est facile. Du fast-food projetté sur nos fils d’actualité, déguisé en commentaires bourrés de fautes, mais vides de sens.

 

Des pages Spotted qui dégoulinent de manque de savoir-vivre et qui ne servent qu’à mettre en valeur la pauvre p’tite caissière du Tim qui t’as pas donné ton beigne assez vite aujourd’hui. Quand c’est pas ça, c’est au tour des ”cr*** de vélos a marde qui roule tous croch sti partager la route svp!!!!”

 

Des comptes Ask.fm sur lesquels on a splashé des insultes dégradantes comme de la peinture pas chère du Dollorama. Sans oublier les stories Snapchat d’écrans noirs avec écrit ”criss de pute *emoji fâché*” mais qu’on fait durer juste 1 seconde en pensant que ça rend le linchage publique moins terrifiant. Pourquoi laver son linge sale chez soi quand on peut le faire comme des êtres sans valeurs ni considération d’autruis sur les réseaux sociaux?

 

On est des bêtes, des animaux de foire qui se contredisent eux-mêmes. On veut trop parler, mais pas assez écouter. On crie notre opinion mais on est pas renseigné. C’est quand, la dernière fois que t’as lu un article du journal Le Devoir au complet, ou bien que tu as réalisé que JDM, c’est un ramassi de sensationalisme qui pue le moisi de la société? Si tu peux répondre à la question en me disant ”ben moi c’est mon cas, arrête de mettre tout le monde dans le même panier”, merci à toi. Je t’applaudis et c’est même pas sarcastique. Parce qu’au fond, t’as raison; c’est pas tout le monde qui est con. Mais la majorité qui l’est, c’est celle qui me chiait dans les mains à chacun de mes articles. Des articles sur lesquels je pouvais travailler durant des heures en faisant des recherches, en me bâtissant un vocabulaire diversifié et accessible, riche mais vulgarisé. J’ai eu des commentaires pleins de fautes sur mon opinion publique face au féminisme par des gars mysogines qui s’exprimaient en colons et qui s’imaginaient que le sexisme, ça existait pu. Y’a même quelqu’un qui a réussi à m’insulter de façon très déplacée à l’aide d’attaques personnelles et de jugements de valeurs non-fondés sur un article portant sur l’environnement et mon penchant pacifique. L’ironie était si grande que j’ignorais comment gérer la chose.

 

Voilà, aux quelques personnes qui s’intéressaient vraiment à mon travail (et je sais qu’il y en a, merci à vous) : lorsque les gens voudront cesser de prendre le facile et foutre aux ordures ce qui a nécessité un minimum de réflexion, je m’y remettrai plus vigoureusement. Je comprend très bien la partie qui consiste à écrire pour mon propre bonheur, mais pour l’instant, plusieurs facteurs (nommés ci-haut) ne me le permettent simplement pas. Je n’en suis pas encore capable.

 

Cordialement, une personne sûrement aussi conne que vous qui est quand même capable de se décourager devant la stupidité du monde.