Broken Poetry

Désolée pour le titre anglophone. C’est presque ironique de dire que, malgré tout, c’est parce que j’y voyais un aspect poétique. Mais si vous préférez lire ma broken poetry comme étant une poésie brisée, alors libre à vous et à votre cœur franco, franc et fier.

Un matin, je me suis réveillée et, tout d’un coup, la poésie me manquait. Puis, un soir (d’un autre jour tout aussi ordinaire), le même sentiment m’est revenu. Où étaient donc passées toutes ces nuits durant lesquelles je laissais mes yeux rougir de fatigue devant mes pages remplies de vers, tous plus libres et parfois même égocentriques les uns que les autres? J’ai médité là-dessus. Vous pourriez vous dire qu’en quelques minutes, je m’étais fabriqué une réponse brève et concise, sans artifice ni paraboles; manque d’inspiration, ou de temps peut-être. Mais non. Cela m’a prit près de quelques mois pour trouver le courage et réessayer d’écrire en métaphores, rimes et tragédies. Ma capacité à m’exprimer comme une âme romantique et torturée à la fois me manquait beaucoup, et retrouver cette ressource que je croyais inépuisable en moi semblait être une tâche vaine. Jusqu’au moment ou j’ai compris.

J’avais toujours écrit à des périodes de ma vie durant lesquelles je me questionnais beaucoup par rapport à ce qui advenait de ma personne ainsi que de mon entourage. Rien n’était jamais réellement stable au niveau de mon cheminement émotif et mon évolution psychologique, ce qui rendait beaucoup plus simple la perspective de m’accrocher à quelque chose de tangible, un concept que je pouvais saisir: la profondeur. Tout ce qui se rattachait à la tristesse, au désespoir , bref, toute exagération de mes émotions réelles était attrayant. Mes longues lamentations écrites dans mes notes personnelles m’appartenaient alors, et ainsi, personne n’avait accès à ce que l’on aurait pu confondre avec une envie de mourir (ce ne sont pas les poèmes que l’on souhaite le plus révéler à ses parents et amis.) Alors je m’y mettais. Une journée moins bonne que celle d’hier? ”Ce torrent de vide qui m’entoure est le portrait même de mon éternelle abysse.”  Vous voyez le genre? Plus c’était souffrant, plus c’était plaisant (quelle rime satisfaisante).

Aujourd’hui, je me sens mieux que jamais. Je suis entourée de bonnes personnes, mon anxiété a diminué, j’ai la chance de bénéficier d’une relation amoureuse saine et stable. C’est toujours plus ardu de divaguer sur mes peurs et mes hantises en référant à une vie aussi belle que celle que j’ai en ce moment, même si j’en possède encore. J’y pense seulement moins, ce qui n’est pas une si mauvaise chose au final. Peut-être ai-je fait de ma propre histoire une poésie ornée de décorations florales et de ciels roses, après tout.

Mon prochain défi est alors de transposer ces nouveaux sentiments dans mes écrits, et espérer ne pas avoir à les dissimuler au creux de mes armoires.

 

 

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