Mon anxiété sans diagnostique

L’anxiété, qu’est-ce que c’est? Faut-il nécessairement être médicamenté pour cohabiter avec des périodes d’angoisse et de stress? L’anxiété est une réaction normale du corps humain face à des actions courantes de la vie. Elle survient, entre autres, lors de prises de décisions importantes. Mais est-ce qu’il faut ressentir le besoin constant de nous justifier sur le ”pourquoi suis-je aussi anxieux? ”

 

Lorsque j’étais au primaire, je me retrouvais souvent à être cette petite fille timide et apeurée des exposés oraux et du principe de faire des nouvelles rencontres. J’avais de bons amis, mais quand on me demandait de m’en faire d’autres, je figeais. Les gens devaient venir vers moi, pas le contraire. Plus tard, certains aspects de ma personnalité se sont fixés et je suis devenue très affirmée et sûre de moi. Malgré tout, certains de mes petits démons sont restés et me rappellent tous les jours que nous avons tous nos faiblesses.

 

Je fais de l’anxiété. C’est pas un docteur qui me l’a dit, juste ma tête qui s’emballe et mon petit coeur qui bat vite vite quand tout arrive en même temps dans ma vie. La première fois que j’ai fait une crise d’anxiété, j’étais au travail. Cela faisait peu de temps que j’occupais un certain poste quand une journée plus rushante s’est présentée. Tout d’un coup, c’est comme si tout autour de moi se développait trop vite, comme un film qu’on met en mode accéléré. La puissance de mes réactions se multipliaient, et ce que quelqu’un de posé et calme aurait fait tranquillement, je le faisais en tremblant. Je me suis mise à pleurer et j’ai capté ma limite. J’ai du me retiré dans le backstore, et là, j’ai pleuré. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, mais je savais que ça avait été un coup de trop.

 

Au début, j’avais peur de devoir quitter mon travail; je commençais tout juste à m’y sentir plus à l’aise, et voilà que j’angoissais le matin avant d’y aller, de peur de retrouver ce sentiment de crainte face à mes interactions avec les autres. Deux ans plus tard, je travaille encore là-bas et j’aime ce que je fais, sauf que ça m’arrive encore de paniquer. Il suffit parfois d’une seule pensée par rapport à un devoir que je dois remettre bientôt, une querelle familiale ou un inconfort avec une personne que je dois côtoyer régulièrement pour que la roue se mette à tourner. Avec le temps, j’ai eu à me comprendre, m’apprivoiser comme j’étais en me trouvant des tactiques pour me calmer lorsque je suis en période de crise. Si je ne me contrôle pas, je peux vivre de l’insomnie et des pertes de motivation majeures.

 

Parfois, j’appréhende un moment et c’est alors que mon stress s’accentue. Le simple fait d’aller quelque part sans savoir ce qui m’attend, l’idée d’arriver en retard à un rendez-vous ou même participer à un évènement mal organisé me place dans un état très inconfortable. Quand je suis dans une situation ou je dois agir rapidement et que je sens mon anxiété prendre le dessus, je dois me réfugier dans ma tête et me recentrer sur moi-même un instant. Je respire profondément et je pense à des choses qui me font du bien et qui me réconfortent. Il me suffit de me trouver un point de repère quand je me sens m’écarter du reste du monde, quelque chose pour m’y accrocher. Parce que l’anxiété, lorsqu’envoyée au cerveau en trop grande dose, est irréelle. Elle n’est pas vrai, c’est une illusion que nos pensées nous imposent. Si ça devient trop puissant, c’est physique. Je pleure sans comprendre pourquoi, je tremble, je respire rapidement et je parle trop vite. Je sais que j’y ferai face toute ma vie.

 

Quelqu’un un jour m’a dit ”la pensée crée.” Il n’y a pas plus vrai que cela. Les mauvais tourments entraînent les mauvaises émotions aux mauvais moments. Je ne ressentirai jamais le besoin de me faire diagnostiquer mon anxiété parce que je la connais, je la traîne avec moi dans mon sac à dos depuis trop longtemps pour avoir besoin qu’un expert ne me la cible. Jamais des médicaments ne pourront quoi que ce soit pour moi, parce que je sais que je suis plus forte que tout ça si j’y crois assez. J’y croirai toujours.