Richard Martineau, qui es-tu?

J’ai tout récemment eu l’occasion de lire le fabuleux biais de Richard Martineau intitulé «Les filles, c’est nono (projet de monologue)», et j’étais complètement enchantée. Chaque point abordé par notre personnalité préférée à nous, les femmes fières d’être femmes, était d’un génie sans pareil.

L’homme emplit de bonté a débuté son long discours bien tenu pour ses compères les hommes en pointant du majeur l’opinion grasse qu’il a des femmes voilées et de leur «soumission à Allah.» Bien entendu, traîter une femme de niaiseuse parce qu’elle a une culture dont il ne saisit probablement pas l’ampleur en évitant d’aborder le fait que les féministes sont lapidées dans certains pays lui est égal. Mais l’ignorance est un joli défaut, n’est-ce pas?

Notre monsieur Martineau, qui nous fait vider nos poches pour son nom avec un grand M sur la couverture du Journal slash vidange De Montréal, s’attaque en force aux femmes qui se permettent une chirurgie esthétique sur leurs propres seins en supposant que cela n’est que pour plaire aux hommes. Toujours les hommes. Mais pourquoi pas pour elles? Envisager qu’une femme modifie son propre corps pour se satisfaire elle-même n’est probablement pas une possibilité dans l’esprit équilibré de notre ami Rich. C’est dans des phrases dont le dialogue est porté par une femmes fictive telles que «J’aime ça, les grosses couilles, j’aimerais ça si tu te faisais installer des grosses boules en plomb dans la poche» qu’il tente désespérément de prouver qu’il serait ridicule pour un homme de se plier ou se soumettre aux désirs des femmes. L’ironie se cache entre chacune des lignes de ses articles poubelles, puisque c’est de cracher publiquement que l’homme est au-dessus de tout ça. Et si on est pour être vulgaire, allons-y à fond!

Et finalement, la cerise sur le sundae des conneries. Richard Martineau décide que des filles qui achètent des magazines exposant des modèles photoshopées et des guides minceur ainsi que sur l’estime de soi, c’est des connes. Des belles dindes. Il faut être 2 watts pour glousser comme un animal sauvage qu’on veut être comme si, comme ça, ressembler à telle ou telle autre. Facile à dire, Mr. Martineau, quand on vit dans une société qui hypersexiualise encore autant le corps de la femme, et ce, jusque dans les écoles publiques.

Richard Martineau, qui es-tu? Me laisses-tu te vouvoyer, puisque nous sommes tous si égaux pour toi? Que le féminisme est si enragé sans raison? Je suis ouverte à la discussion. Mais j’attend avec impatience le jour où tu pourras sortir tes arguments sans ressembler à un garçonnet de dix ans qui pioche sur la table sans relâche, et toujours sur le même sujet avec une fermeture d’esprit plus grandiose que le Mont Everest. Qui suis-je pour te traîter de gros connard, alors qui es-tu pour nous traîter de nounounes?

2016 WAKE UP CALL. LAST CHANCE. Le lien de son ”monologue” (trashy aight)