S’engager tout croche

Je n’affectionne vraiment pas particulièrement les longs textes à l’eau de rose et de chagrin, ça m’a toujours un peu repoussé, les fameux articles plaintifs qui s’appellent ‘’Hey fille, je sais que t’as mal’’ ou ce genre de choses-là, ça m’écœure. Pour être honnête, je vomis un peu dans ma bouche quand j’en vois apparaître sur mon écran. Je reste tolérante parce que pour moi, toute forme d’écriture est de l’art et c’est important de respecter l’art d’autrui, c’est même essentiel, alors à ceux qui adorent composer ce genre de texte; do you, keep up my friends. Corrigez vos fautes de base après par contre, ça paraîtrait mille fois mieux.

 

C’est vraiment la première fois que je daigne me lancer dans un texte qui parle de relations amoureuses. J’aimerais dire que tout est objectif dans ce que je dis, mais pas vraiment. Ça prend vraiment une âme écorchée comme la mienne pour créer ce que je crée parfois, c’est dommage, mais pour quelqu’un qui veut vivre de sa plume, construire autour d’un vécu véritable demeure une approche plus tangible et aisée. Je n’ai jamais été exposée à d’horribles drames, j’ai une vie relativement facile et paisible jusqu’à présent, mais comme beaucoup d’autres individus, j’accordais déjà trop d’importance à mes émotions passionnées, impulsives et passagères à quatorze ans.

 

C’est facile de se faire briser le cœur quand tout ce qu’il y a de sérieux à tes yeux au début de ton secondaire 2, c’est de te faire embrasser avant d’embarquer dans ton autobus scolaire à la fin de la journée. Tu bases tes premières expériences de vie sentimentale là-dessus et, par la suite, si ça a le malheur d’échouer, et bien tu t’en souviendras comme le grand drame que c’était dans ta tête à c’t’âge-là. Flash news; tu as désormais dix-huit ans mais tu maudis encore le p’tit criss qui a eu le culot de te flusher devant le bus un fameux soir où tu attendais ton bec habituel juste avant vos trois mois de couple officiel.

 

J’ai l’air d’être pleine de jugements et très haut placée sur la pile de mes expériences, mais je viens de me décrire. Ben oui, la peine que j’ai eue à ce moment-là se reflète encore sur ce que je pense de moi-même et des relations amoureuses aujourd’hui. Tout était gros, tout était lourd, les études devenaient difficiles quand mes interactions sentimentales tournaient au ‘’cauchemar’’ quand j’étais au secondaire. Ben oui, je voyais ça comme me faire ‘’tromper’’ quand mon chum me disait qu’une fille lui avait envoyé des photos osées en chandail serré pendant la fin de semaine. C’est dommage parce que j’ai tellement placé toutes ces histoires là dans mes priorités, avant même de me concentrer sur ce que je devenais comme être humain indépendamment de tous ces petits incidents cons, que je vis beaucoup d’insécurité aujourd’hui. Si à quatorze ans la fille en chandail moulant était plus intéressante que moi, peut-être que la fille de l’autre côté de la rue en ce moment même l’est aussi?

 

Pourquoi il se faisait envoyer des photos? Est-ce que j’étais insuffisante? Le mauvais réflexe que j’ai encore aujourd’hui, c’est de me regarder dans le miroir un matin où j’avais prévu partir vite et quand même prendre trente minutes de mon temps pour me maquiller, quitte à arriver en retard, parce que le sentiment d’encore être insuffisante me fait peur. Je suis anxieuse face à l’idée de me faire crisser là du jour au lendemain.

 

Y’a autre chose de bien compliqué à gérer au cœur de l’adolescence; on est méchants et on ne le sait pas toujours. Cher ‘’ex-fréquentation’’ de mes quatorze ans, je te pardonne de m’avoir envoyé des textos vraiment longs dans lesquels, parmi tes fautes grammaticales à chier, tu me traitais de conne et même de salope. Sauf qu’aujourd’hui, les trois petits points que je vois sur mon écran pendant que mon interlocuteur écrit depuis cinq minutes me font trembler, me rendent anxieuse, me font me demander si je vais encore me faire traiter de conne par quelqu’un que j’aime. Je suis pourtant avec quelqu’un de bien, non? À dix-huit ans, je devrais pu avoir la chienne de me faire insulter par un être aimé?

 

Je me suis investie trop vite. C’est vrai que ça suce, ça me rend beaucoup trop incertaine et la barre de mes attentes me semble encore trop haute, même si j’essaie fort de la faire redescendre; des fois, ça signifie piler sur ma douleur interne et mes souvenirs. L’adolescence, c’est le moment où on se donne trop à fond dans des émotions qui n’existent même pas, qu’on bâti sur des illusions qu’on voudrait trop voir naître, et qui échouent trop vite.

 

J’m’excuse, mais l’adolescence, c’est pourri.

LE VÉGANISME RADICAL: OUI OU NON?

Un gros débat s’impose lorsque l’on entre dans les détails exacts des termes suivants: végétarisme, végétalisme et véganisme. Qu’est-ce qui est éthique, acceptable et même criminel aux yeux de certains? La hiérarchisation que les humains s’imposent depuis le début des temps s’applique-t-elle également aux animaux, sont-ils là pour simplement répondre à nos envies? Pour bien en saisir l’ampleur et comprendre exactement ce qu’il en est, il est essentiel de prendre le temps de définir ces différents concepts encore méconnus malgré leur popularité grandissante.

 

Végétarisme

Le végétarisme est une diète consistant à éliminer toute consommation de viande de sa vie quotidienne, qu’il s’agisse de volaille, de viande rouge ou même de fruits de mer. Pour certains, une branche plus précise en découle; l’ovo-lacto-végétarisme, le fait de ne manger aucune viande tout en continuant d’inclure le lait et les œufs à son régime courant. Pour éviter les carences en fer et en protéine, une transition douce et graduelle s’impose pour que le végétarien en devenir demeure en bonne santé tout au long du processus. Alors que plusieurs s’arrêtent à ce stade, une grande majorité d’individus convertis au végétarisme poursuivent leur investissement dans la cause et décident d’aller encore plus loin, ce qui nous apporte directement au second terme.

 

Végétalisme

Désormais, tout produit de provenance animale est alors banni de l’alimentation. Cette branche peut sembler extrême puisqu’elle inclus non seulement œufs, lait et fromage, mais également certains ingrédients couramment utilisés dans de nombreux aliments tels que le miel, l’huile de palme et les substances laitières dérivées. Le végétalien doit alors se fixer des objectifs pour aller chercher tous ses nutriments nécessaires dans de la nourriture à base de plantes. Rapidement, les légumineuses, les noix et de multiples alternatives font leur entrée dans un menu diversifié, coloré et sain, sans cruauté impliquée. Une fois cette étape franchie, certains revendicateurs courageux et très impliqués dans la cause plongent alors dans une autre dimension;

 

Véganisme

Alors que la masse croit que l’on ne peut se rendre plus loin, d’autres la rappelle à l’ordre en pointant d’un doigt accusateur tout matériel ayant nécessité la mort d’un être vivant. Ainsi, les marques de cosmétiques testées sur les animaux, les vêtements en fourrure et en peau ne sont plus de mise pour les véganes, en plus de leur propre interdiction de manger quelconque produit ou animal ou dérivé.

 

Radicalisme?

Tout cela est très respectable. La plupart des omnivores applaudissent cette capacité qu’on leurs compères humains à faire de si grands choix et s’imposer un mode de vie si stricte pour respecter la vie dans son ensemble. Par contre, une bonne partie de la population se voit choquée devant les véganes radicaux, ceux qui refusent même de manger en présence d’individus consommant de la viande sous leurs yeux. Exagéré? Tout est une question de perspective. D’un premier coup d’œil, il est facile de juger un camp ou bien l’autre dépendamment de nos croyances et de ce qui nous tient à cœur. L’importance de ce grand débat réside dans l’écoute des arguments auxquels on fait face quand ce sujet survient. Qu’est-ce qui pousse une personne à ne plus vouloir côtoyer la cruauté animale de près, que pense-t-elle et à quel stade est-ce que sa passion devient une attaque reprochable?

 

Une question d’éthique

J’ai visionné une vidéo absolument enrichissante sur YouTube qui m’a beaucoup fait réfléchir. Elle impliquait deux jeunes filles françaises aux opinions divergentes sur le sujet débattre respectueusement et leur point de vue était défendu avec brio, si bien que je n’ai éprouvé de haine envers aucun des partis (à noter que je suis une végétarienne intéressée par le végétalisme et que je suis assez conscientisée et sensible à ce débat. Le lien de la vidéo sera déposé à la fin de cet article).

Antastesia, végane absolue et dite ”radicale”, affirme refuser de manger avec quelqu’un qui dévore de la viande devant elle. J’ai été moi-même surprise sur le coup; je n’avais jamais envisagé la possibilité de décliner des repas avec d’autres personnes parce qu’elles ne tenaient pas à manger de la même façon que moi en ma présence pour me ”satisfaire”. Je suis en couple avec un omnivore, et le simple fait de le voir apprécier la cuisine végétarienne et de vouloir essayer mes alternatives de temps à autre me réchauffe le cœur. Au fil de la vidéo, j’ai alors compris que tout n’était qu’une question de perception quant à l’égalité, la hiérarchisation et l’acceptation. De plus en plus d’individus s’informent sur l’industrie animalière, le sort qui est réservé aux animaux dans les abattoirs et s’engagent alors dans la mentalité de placer ces bêtes au même niveau que le nôtre. Pour eux, il est nécessaire de donner une voix aux vivants qui n’en ont pas, c’est le même principe que de défendre la liberté d’expression, de chercher à éradiquer la violence faite au regroupement LGBTQA+, de vouloir aider à réduire la famine dans le monde, et j’en passe. C’est l’envie de faire de cette injustice une injustice aussi condamnable que toutes les autres, et ce, en refusant de partager un repas avec un mangeur de viande comme ils le refuseraient avec un batteur de femmes. Vous y voyez une exagération? Vous n’êtes pas ignorants ni monstrueux; votre vision est en fait exactement celle de la majorité, probablement située là où il est normal qu’elle le soit encore selon notre époque.

 

S’informer et se questionner

Là où beaucoup d’omnivores commettent une grave erreur est en désignant la communauté végane comme étant une clique se croyant supérieure, enrôlant de force le plus de partis possibles et étant fermée d’esprit à tous les modes de vie ne s’inscrivant pas dans leurs règles et leurs valeurs, alors que c’est tout le contraire. Certes, les gens qui décident de faire une telle transition sont très défendeurs de leurs croyances; parce qu’ils ont vu l’injustice, ils y croient et leur sentiment le plus fort, celui guidant leurs actions, est la tristesse. La tristesse de concevoir que leur mouvement avance avec une certaine lenteur encore, et que beaucoup se ferment au simple fait d’entendre qu’il est possible de changer les choses en cessant la consommation de produits animaux. Très peu saisissent que beaucoup de problèmes peuvent être réglés grâce au végétarisme/végétalisme/véganisme; les pénuries, le manque d’espace, les maladies incurables, non pas seulement la cruauté animale mais notre propre santé est en jeu dans ce grand débat qui fait frémir une bonne partie de la population mondiale. Et si on commençait par s’informer, regarder des documentaires, questionner les gens qui prennent la décision d’adhérer à une idéologie qui, au fond, ne cherche pas à blâmer qui que ce soit, mais à aider tout le monde.

Les bons moyens

Comme cet article n’est pas un biais d’opinion (bien qu’il en soit légèrement teinté), je tiens donc à établir un équilibre dans les points que j’apporte. Je crois effectivement qu’il y a une bonne façon de répandre un discours et qu’attaquer les gens qui se questionnent ou les considérer comme des opposants est une erreur. Il est vrai que la communauté végane peut paraître stricte et intense aux premiers abords, et je confirme qu’elle l’est parfois trop. Pour réussir à motiver les gens à changer leurs habitudes de façon saine et respectueuse, il est essentiel de le faire en douceur et à l’aide d’encouragements, sans oppresser ni menacer. Les campagnes de peur sont quelque peu brusques encore selon la perspective générale de la cause des animaux. Malgré tout, les vidéos chocs sont tout de même nécessaires pour saisir l’ampleur du problème, les impacts et ainsi changer les mentalités. Je pense sincèrement que tout est une question de dosage, de compréhension et de respect de la part des deux partis impliqués.

 

Lien de la vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=dFSf-7LrPvE

Documentaire intéressant sur le sujet et disponible sur Netflix: Cowspiracy

 

 

Et pourtant (Billet féministe)

 

 

Une pensée populaire partagée entre certains hommes bien conscients de leurs privilèges souhaite faire porter au féminisme une étiquette tristement discriminatoire et fausse envers le sexe opposé. C’est de là qu’est né le principe d’égalitarisme, un terme étrange issu d’un fâcheux malentendu; alors que les femmes poursuivent avec une émouvante ardeur la lutte pour l’acquisition intégrale de leurs droits fondamentaux, plusieurs messieurs se sont vus être offusqués et effrayés d’assister à une bataille cherchant à les détrôner de leur confortable rôle de meneurs respectés. Alors que j’ai moi-même eu droit de me faire remettre à ma place en m’exprimant publiquement sur le sujet, l’envie m’est venue de remettre les pendules à l’heure. Il n’est jamais trop tard pour s’éduquer avant de s’insurger et de se prêter au jeu des définitions pour véritablement savoir pourquoi on crie au loup. À tous ces garçons qui m’ont blâmé de me défendre, qui m’ont lancé les pires arguments pour m’accuser de m’auto-victimiser et pour me prouver la CHANCE que j’avais, moi, d’être une femme en cette société qui est la nôtre; lisez.

Mais qu’est-ce qui vous fait donc si peur? Aussitôt que vous voyez par malheur une médiatisation promotionnelle positive de l’appropriation qu’une femme se doit de faire de son propre corps, la panique vous habite. Vous attaquez, c’est dégueulasse une fille qui se rase pas, c’est notre fœtus à nous aussi, fuck l’avortement. J’exagère?

Et pourtant, j’ai véritablement vu ces commentaires, et il y en a des pires. J’en ferai la liste plus loin. Ce qui me ronge, ce ne sont pas les propos tenus en soi, mais plutôt  les gens derrière ceux-ci qui n’y voient aucun problème. On me répète sans cesse que je n’ai pas à me plaindre d’être traitée différemment à cause de mon genre.

Et pourtant, je vous assure que mon école secondaire (que j’ai heureusement quittée il y a de cela quelques mois) continue de s’insurger devant les épaules découvertes de jeunes filles qui sont là pour se scolariser, et non se sexualiser. C’est un bien vieux discours qui ne cessera de m’attrister, et beaucoup savent que je me suis battu pour cette cause, sans arrêt. De toute façon, si elles veulent se dénuder, ce sont elles qui auront à vivre avec les conséquences de leurs actes en se faisant attribuer les surnoms pute, salope, trainée. Mais non, les jeunes garçons savent nous respecter, maintenant!

Et pourtant, si l’on s’attarde aux catégories de films pornographiques les plus visionnés, Teen Sex est en sixième position et 79% des jeunes sont accidentellement exposés à de la pornographie via le web. (Online Victimization of Youth: Five Years Later, 2006). Par contre, cela ne représente absolument rien. Effectivement, aucun idéal sexuel n’est imposé dans la tête des adolescentes à cause de ces films dits ‘’adultes’’, puisqu’elles sont libres, indépendantes et conscientes que leur corps est LEUR corps.

Et pourtant, il existe une banalisation et une normalisation de l’établissement du sexisme avec l’intégration de stéréotypes affectant gravement l’égalité homme/femme. La femme, au fil des années et malgré tout ce qu’on en dit, porte encore un rôle d’objet dans le monde de la publicité et est représentée comme une figure se voulant plaisante pour l’homme. Mais il faut faire attention; AUCUN homme ne participe à ce principe dégradant de son plein gré, chacun cherchant à alimenter le féminisme de son mieux, car salir cette cause rimerait à reculer des siècles en arrière…

…et pourtant, ce n’est pas le cas pour tous. Je suis capable d’affirmer avec certitude que plusieurs humains, hommes et femmes, sont en quête d’une égalité entre chaque être et avancent en harmonie avec le mouvement féministe pour vaincre les privilèges instaurés par l’Homme Blanc et Riche depuis le début des temps.  Certains, par contre, ont cru  qu’il serait plus juste d’inventer ‘’l’égalitarisme’’, croyant que le féminisme visait à laisser les femmes prendre le dessus sur le monde entier et devenir… enfin, ce que les hommes ont été longtemps et sont encore malheureusement aujourd’hui, dominantes. Le terme ‘’méninisme’’ a même fait son apparition, cherchant à renverser certains stéréotypes pour démontrer que les hommes aussi sont les proies d’un système injuste les réduisant à un rôle patriarcal faussement attribué.

Je constate tristement tous ces combats en me disant, très ironiquement, que tous ces clans se battent initialement pour la même raison; l’égalité homme/femme. Au lieu de travailler de concert, ils se rabaissent, s’insultent et se tachent entre eux parce qu’une crainte injustifiée persiste, la peur que la femme soit entièrement perçue comme l’homme. Sur le plan social et personnel, que l’on parle de salaire ou de préjugés.

Je souhaite vraiment terminer ce billet sur une note plus sombre en citant quelques commentaires que j’ai recueilli durant mes recherches sur le sujet. Ces opinions reflètent une grande incompréhension du féminisme qu’il est temps d’abattre. La mauvaise conception de ce mouvement est ce qui le mène vers des obstacles. *

*Les propos suivants sont rapportés mot pour mot et leurs auteurs sont nommés, ainsi que le contexte des commentaires. Comme ceux-ci étaient initialement publiques et assumés, je ne voyais pas le problème de les rapporter.

 

‘’The Reason A Feminist Rejected Her Son Is All The Proof You Need That Feminism Is Poison’’ (titre d’un article en provenance de meninism.net)

‘’So they cry when they are objectified and cry when they aren’t. Shocker’’

Skye Hebert, commenté sur a photo d’une femme en costume de bain.

‘’I need meninism because the movie Magic Mike promotes an unrealistic expectation of how men’s bodies should look.’’

-De la page Facebook Meninist.

‘’3 months ago I said Hi to a feminist. She said Hi back. Just kidding. She posted 300 status about how I terrorized her’’

-Raja Tlha Ul Hassan, commenté sur la page Meninist (parce que rire de la culture du viol c’est drôle j’imagine)

‘’It takes two to tango, sweetheart. That fetus doesn’t only belong to the mother.’’

Mike Lanning, commenté lors d’un débat sur l’avortement (merci pour l’éjaculation, vas-tu participer à l’accouchement aussi? Ah non.)

Les Toxiques.

J’écris cet article suite à une grande réflexion sur moi-même qui s’est échelonnée sur pratiquement plusieurs mois. Je rédige aussi en légère connaissance de cause; mon but ici est en fait de dresser une liste établissant le portrait de ce à quoi peut ressembler un lien interpersonnel toxique. À un moment ou à un autre, je crois que chaque individu rencontre sur sa route une personne qui lui nuira de façon parfois si subtile que rien ne pourra le convaincre de pousser cet élément négatif hors de sa vie. Que ce soit au travers de la manipulation ou de commentaires désobligeants camouflés sous de faux titres, nous expérimentons tous la toxicité. Il est d’ailleurs grandement temps de non seulement la chasser, mais en repérer les signes et se respecter suffisamment soi-même pour ne plus jamais accepter d’y faire face et abdiquer.

 

  1. Le jugement.

Vous commencez à vous éprendre d’un intérêt soudain pour les arts, vous qui étiez plutôt de nature sportive. Vous lisez donc différents articles, visionnez des documentaires traitant d’œuvres postmodernes ou contemporaines et décidez de concrétiser cette curiosité en passion. Pourquoi pas débuter des cours de peinture? Vous en parlez à cette personne avec qui vous partagez beaucoup de vos pensées; Le Toxique. Il vous répond: ”C’est ridicule. Tu n’as jamais aimé l’art. Pourquoi maintenant? Il n’y a absolument rien dans ce que tu me dis qui concorde avec ta personnalité. Laisse tomber.” Cela doit être un conseil judicieux… après tout, il vous connaît mieux que quiconque. Pourquoi le contredire? Remettez vous au tennis et oubliez tout.

Malheureusement, cette situation est plus que nocive et fréquente, qu’elle se dégage d’un lien parent/enfant, frère/sœur ou entre amis. Nous n’avons tous qu’un passage sur Terre, et le gaspiller en se  restreignant à la perception qu’un seul être a de vous est du gâchis pur. Prenez les devants sur vos pensées, cessez de chercher l’approbation des autres. Il est temps de s’y mettre.

 

2. La solution rapide par la manipulation.

En couple depuis maintenant 4 ans, tout semble bien aller avec l’être aimé. Vous passez beaucoup de temps ensemble, il est d’ailleurs vrai que parfois, vous avez besoin d’espace… mais votre douce moitié ne semble pas du même avis. Bon, peu importe, tant que tout fonctionne relativement bien entre vous. Par contre, plusieurs éléments étouffants tournent tranquillement dans votre tête; peut-être est-il temps de prendre une pause. L’évocation de ce besoin de temps pour vous recentrer sur vous-même rend votre âme sœur folle furieuse; le conflit éclate. Arguments qui n’en finissent plus. Pour tout régler, l’élu de votre cœur vous propose un marché; envoyez lui donc des photos coquines, ou bien réglez tout sous la couette et n’en parlons plus! Le Toxique le propose de façon si douce et charmante, c’est donc probablement la solution propice à adopter… mais vous a-t-il réellement écouté? A-t-il prêté attention à vos besoin, ou plutôt à ses pulsions?

Le classique d’une relation abusive qui, pourtant, semble si parfaite vue de l’extérieur. Les apparences sont souvent trompeuses. Jamais vous ne devriez accepter que l’on se joue de vous, que l’on vous manipule pour obtenir ce que l’on veut et surtout, que vous ne soyez pas écouté convenablement. Une relation amoureuse se doit d’être axée sur la communication et le respect. Cela semble être un bien vieux discours; et pourtant, encore beaucoup n’ont pas prêté attention à ces sages paroles. Moving on to the next one!

 

3. Dénigrement puisque affinité.

Une amie vous écrit, il y a longtemps que vous n’êtes pas allé prendre un verre, il serait grand temps! Vous vous souvenez malgré tout que cette fille-là, elle n’a pas la langue dans sa poche. Toujours directe avec tout le monde. Mais vous l’aimez comme ça, non? Vous vous mettez sur votre 31, impatiente de la revoir. Jolie jupe, talons hauts et maquillage sont au rendez-vous. Première entrée au bar et déjà, elle est assise devant le barman et vous crie de l’autre bout de la pièce: ”Woow, t’as toujours l’air de la salope que t’étais!” en éclatant de rire. Vous, vous riez jaune. Tout le monde dans la place vous regarde et leur expression faciale n’est pas flatteuse. Il s’était écoulé quelques mois sans que vous n’osiez porter des vêtements un peu plus révélateurs; l’estime de soi n’est pas votre force, elle le sait pourtant.

Exemple davantage féminin mais qui s’applique tout autant chez les hommes. Entre boys, tout est à prendre à la blague à ce qui parait. Mais ce ne sont pas toutes les pilules qui sont faciles à avaler. Se faire traiter de tapette par les autres joueurs de votre équipe de hockey dans le vestiaire alors que ça fait des années que vous cherchez un moyen de leur dire qu’en effet, vous aimez les hommes. Et que non, le terme tapette n’est pas convenable. Ça sent le rejet imminent à plein nez.

 

4. Être acquis.  

Autre exemple de couple tiré d’une situation qui peut être vue dans plusieurs autres types de relations interpersonnelles. Depuis un bon moment maintenant, vous accumulez les ruptures avec votre compagnon de vie. Il vous largue et revient toujours vous ramasser à la petite cuillère entre deux dates Tinder en sachant très bien que vous pleurez chaque soir son départ. Vous n’êtes pas faible, il faut seulement se l’avouer; vous êtes un(e) émotionnel(le) né(e) et ce n’est pas toujours évident pour vous de garder le trop plein à l’intérieur. À chaque fois que vous croyez vous en sortir, cupidon ne tient pas deux semaines en place sans vous piquer la même flèche empoisonnée dans le même spot. Vous revenez donc au même Toxique, en espérant que cette fois, il sera fidèle, loyal, respectueux (???).

C’est dans ce genre de situation que votre entourage vous juge. Tout le monde vous dit que vous devez vraiment être 2 watts pour baigner dans la même piscine de problèmes et que rendu là, vous ne voulez simplement pas vous aider. Et vous savez qu’ils ont raison à quelque part. Mais moi, je vous confirme que ce que vous expérimentez et vos réaction en lien avec tout ce qui se produit autour de ce Toxique est justifiable. Cette relation est basée depuis longtemps sur tant de manipulation et de paroles malsaines que vous en êtes venu, à un certain point crucial, à vous oublier et à tranquillement tout concéder à cet individu. Votre perception de vous-même est devenue sienne, il vous contrôle, décide de ce que vous voulez et pensez de votre propre personne. Pourtant non.

 

Il est difficile d’admettre que l’on se trouve dans ce cercle vicieux lorsqu’on y est. Plus on s’y enfonce, plus on donne au Toxique l’accès à toute nos insécurités. À force de trop s’exposer et de lui laisser les reines de nos faits et gestes, on en perd le contrôle, tout dérape et l’impression que nous avons besoin de cette personne dans notre vie prend place. ”Mais il/elle ne voulait pas mal faire, il/elle m’aime, il/elle veut mon bien. Sinon, pourquoi est-il/elle encore dans ma vie?”. Pour un triste besoin de contrôle malsain. D’un aspect plus sérieux, il est essentiel de reconnaître les indices d’une relation toxique avant que celle-ci n’en vienne à de l’abus psychologique ou même physique grave. Il est vrai que je me suis autodétruite dans ce genre de pattern, et je ne souhaite cela à personne. Pas même à mon pire ennemi.

 

Stay safe, les petits humains peu nombreux qui me lisent.

 

 

 

Tristesse métaphorique

Elle est souvent triste au quotidien. Peut-être pas irrécupérable, mais triste. Il n’y a pas mille milliards de mots alternatifs pour le sentiment qui est bien encré en elle; tout ne se confond pas avec mélancolie, ni nostalgie. Ce n’est pas toujours évident non plus pour elle de toujours exprimer clairement ce qui fait d’elle, ce qu’elle est. Elle feuillète probablement un peu trop sa vie comme si elle n’était qu’un simple  recueil de poésie dans lequel on peut cracher des larmes à s’y tuer. Comme dans l’Allégorie de la Caverne de Platon, elle se retrouve dans une cave où elle n’accède qu’aux reflets de la réalité, qu’à l’unique image de son âme, croyant pouvoir la rendre plus tangible vue de ses yeux seuls.

La vérité, c’est que sa tristesse est une constante série de métaphores qui la transforment en être obnubilé par sa propre solitude. Elle se fourvoie à se faire croire qu’elle sera toujours fixée comme un point sur une carte, et que tous les fantômes qu’elle puisse croiser ne soient possiblement que de passage sur les tonnes d’autoroutes gravitant autour de ce même foutu, sale point immobile. Elle se ment, s’asperge d’illusions portant sur la pensée, la réflexion éphémère qu’elle ne peut compter que sur ce qui est là, tangible, le reflet dans la caverne.

Lorsqu’elle conduit, que les torrents de pluie martèlent ses fenêtres, elle aperçoit,  de sa vision périphérique, cette même bouteille, aux pieds du passager toujours invisible, qui roule à chaque arrêt et redémarrage. Depuis combien de temps le récipient de plastique est-il là? Bonne question. Il roule sur le sol en vas en viens, et la petite voix raisonnable en elle qui lui chuchote de la placer aux ordures est retenue par des sangles puissantes, celles de pensées incomprises qui tendent à associer cet objet vide à un souvenir précis. Sûrement avait-elle acheté cette bouteille au dépanneur du coin, l’avait but en agréable compagnie. Dans ce cas, la regarder se mouvoir sans cesse est un rappel tolérable. Ou bien l’avait-elle bu seule, ensevelie par une montagne de rêves encore ignorés. Peu importe la raison justifiant cet acte de lâcheté, la bouteille reste là, dans l’automobile qui pue l’antirouille. Pleine d’une autre métaphore à laquelle personne d’autre n’aurait pu penser; exceptant elle-même.

Autant se plait-elle à vivre par le biais de coups de vents insignifiants, mais autant, parfois, le trou vide qu’ils ne remplissent que temporairement en elle se dilate et la fait s’écrouler. Se vider de toute rationalité, lui fournissant l’envie de s’excuser à la Terre entière pour ce qu’elle est.

Une absence, une instabilité, incarnation totale d’une frousse ahurissante de l’inconnu.

 

Les excuses d’un esprit libre

Les esprits libres sont souvent ceux qui sont exposés à davantage de restrictions. Les penseurs qui grandissent dans un nid familial protecteur, pratiquement conservateur, qui vivent pour la recherche de la différence en se voyant être confinés dans la normalité la plus banale, sont ceux qui souffrent un peu de leur indépendance.

 

Je dois des excuses à mon père, qui espérait beaucoup pour moi. Malgré nos nombreuses différences, de nos divergences d’opinions jusqu’à nos désaccords brumeux, je sais au fond de moi que ses intentions de me ramener dans un chemin qui lui semble droit ne sont pas mal fondées. Le problème dans l’histoire, c’est que mon paternel sait des choses que je ne sais pas, et vice-versa.

La première fois que j’ai manifesté une envie particulière pour les arts et l’expression de soi, mon père m’a permit de canaliser cette fascination dans des leçons de chant et de danse. Je me suis vite lassée de la structure et des règles que ces cours impliquaient. Ils nécessitaient une rigueur , une conformité que je ne me voyais pas en mesure de fournir sur une base régulière. Alors, je suis entrée depuis quelques temps dans une phase de rébellion contre le monde, contre moi-même, et tout ce qui est considéré comme de la marginalité m’intrigue. Mon père me répète sans cesse qu’il y a une façon de faire les choses. Ce n’est pas mon impression qu’il ait tort qui me perturbe plutôt que ma soif de sortir du moule qui me tire vers autre chose de plus grand que de juste faire les choses de la bonne façon.

Première discussion sur les modifications corporelles avec mon père, un minimum de trente secondes est requis pour que je saisisse que jamais il n’approuverait cette forme d’art sur moi. Je suis triste. J’ai cédé au charme des aiguilles et je me suis fait percer la peau, mais je vois mon père regarder mon nez, mes oreilles, tous les jours avec une déception plus grande, comme si il se demandait ce qu’il avait oublié de faire pour ne pas que je dévie.

Premières manifestations chez moi d’un désir du refus de l’étiquette de fille ou de femme. Affirmation de mon ouverture sur la transsexualité, la communauté queer et l’acceptation de n’être qu’une humaine plutôt qu’un genre, qu’un label comme ils le disent si bien. Au delà de mon plaisir à m’habiller tout autant dans la section p’tit gars que p’tite fille au magasin, je sais que mon père a mit au monde une fille, sa princesse, et son cœur de père se déchire toujours un peu devant mes jeans troués, mes casquettes et ma façon de m’asseoir les jambes écartées. Il ne faut pas en vouloir aux parents qui ressentent ça. Même si on se force à ignorer que ce n’est pas une question générationnelle qui défini qui on est, il ne faut pas tourner la tête au fait qu’on s’est tous fait inculqués des principes différents.

Je considère avoir été éduquée à 75% par mes parents et à 25% par les médias. Les articles que je lis, les documentaires que je vois me permettent de me sortir de mes valeurs pour en voir d’autres sans  renier ni oublier les miennes. Instagram m’initie à l’art des autres, parce qu’on retrouve pas juste des photos de jambes bronzées là-dessus; on s’ouvres au monde de la poésie, de l’érotisme, du savoir, de la nature, et ça ouvre un paquet de portes tout ça. Ça boost la créativité, l’estime, la compréhension de ce qui nous entoure. Ça nous dit qu’il y a plus que nous, plus que des humains blancs, noirs ou jaunes, que des hétérosexuels ou des homosexuels, il y a l’instauration d’une homogénéisation du monde à laquelle je cherche à contribuer.

Alors je m’excuse, papa, pour mon esprit un peu vagabond.

Le trouble des profondeurs (Poésie)

 

À chaque pas que tu exécutes,  en pénétrant un peu plus loin dans ma tête, je me rends compte du pouvoir que je te concède. Lorsque l’on s’allonge et que tu contemples mes yeux avec une intensité que je ne reconnais que trop bien, je perçois tout ce que tu vois de moi, de mes abysses et de mes travers. Je haie savoir que tu possèdes entre tes mains l’amat de mes craintes les plus solides, les plus déchirantes, et que tu pourrais facilement les renfoncer dans ma gorge un peu plus profondément au moment de ma fatalité, de ton éloignement de cette gare qui semble être nôtre. Mon esprit fragile sommeille dans ton armure charnelle, tu ne le serres pas trop fort, par peur de le casser à nouveau, ou plutôt de le projeter sur les façades de tes murs infaillibles pour l’achever définitivement. À trop vouloir t’associer à toute forme d’art, j’en finirai par me retrouver avec le corps vide d’un musée qui ne vaut plus que des cendres amères de regrets et de mélancolie, trop forte pour même n’être que de la simple mélancolie. Une simple caresse regrettable sur la pensée que tu puisses me heurter me décortique tout le bon sens que j’ai probablement jadis eu. Une fois le pont traversé de bout en bout, je me questionnerai sur les intentions que j’entretenais, sachant malgré tout que je terminerais de paver ma route de dalles ensanglantées avec de simples résidus d’un fouillis barbelé. C’est quand on a l’âme concave que l’on réalise que celle-ci ne se remplit qu’aux pluies torrentielles, et ne sèche qu’après des déceptions telles que jamais elle ne se pourra à nouveau s’imbiber de vécu. Seulement là, je te supplierai peut-être intérieurement de revenir alimenter la floraison de mes épines brûlées.

-From my late night thoughts

What I learned about love.

As far as I can remember, I always wrote about love, even when I didn’t know exactly what love felt like. At the beginning of highschool, I guess I was just inspired by movies, books and poems, but nothing quite as good as these fantasies could come up to me in reality. I knew a lot about divorces, arguments and kisses, that’s for damn sure, but what was so fantastic about it? That’s what I was looking for; the exact reason why everyone was chasing after love so hard, craving it until they could feel full, and  a little confused over it.

That was another big question, and it appeared to be so complicated to me. Why would you stick with one human being almost everyday, until you become suddenly really worried and concerned about their behaviors and thoughts and even habits? I couldn’t get it. With time, social medias made it even more frustrating, are you texting someone else, what’s that heart emoji about, who is she? Was there even one positive fucking thing about all that mess? They  only made it sound like boys wanted sex, and girls wanted romance.

As I was evolving, art became a bigger part of my life. People from the Internet tought me that the human body wasn’t a taboo, and that’s how I learned how love worked on a raw and theoritical level. It was poetic, nothing to do with what I knew from my experiences.The physical aspect joined the mental one, I started to believe in souls and connexions even more than I already did as a buddhist. Sexuality implied more than just two naked people rubbing themselves on each other savagely,  holding hands wasn’t only a public demonstration anymore and kissing was deeper than saliva being mixed between lips.

Later on, the theoritical gave it’s place to the practical. Even if all of these things already made sense, I became really emotional over them as I fell in love myself. It wasn’t possible for me to explain love again anymore, to write about it like it was a dumb teenager’s novel full of pathetic sentences. Words couldn’t translate the feeling anymore. Not that I ever thought about denying my first experiences in ”love” as what I thought it was at fourteen years old, but this time was the real one. There was no doubt about it, I  felt it in my veins, in the beating of my heart pounding through my neck when I was watching love leaving my house without giving it a kiss, like I didn’t plan to do so (which was completely untrue.)

Today, I can only write about it the way I perceive it, the way I learned about it. I wanted to make it all come true on my blog, but didn’t know how, because I was searching for a way to make everyone understand me when I refered to love as I knew it. And I know it isn’t possible. So let me write about love, hoping that one day, you’ll also be able to write about it without anyone else to get it, because it will be your own version, your own theory.

To me, love is watching half of a movie and getting bored of it real quick because kissing is nicer. It’s going out in a snow storm because we want to eat some Kraft Dinner, but don’t have any. Love is also running under the rain, walking in a cemetary at night to talk about all kinds of stuff, eating pizza while playing video games and petting cats. Love leaves a little hole in my chest when it is sad, but doesn’t make me question my desire to stay, no matter how hard the times are. Love is making me feel comforted and watched over when it toutches my skin softly and tenderly, even if it’s just a hand on my leg in the car. Love is laying down and listening to some music, sleeping in the car, close to the highway because the show ended late and laughing over dumb shit. It’s talking about the future, the fears and the unknown without feeling so scared for once. It is also, on top of all, not being able to describe how good it feels to look in someone else’s eyes and being home. It is hard to get, hard to explain, but it’s worth believing in it.

 

 

 

Broken Poetry

Désolée pour le titre anglophone. C’est presque ironique de dire que, malgré tout, c’est parce que j’y voyais un aspect poétique. Mais si vous préférez lire ma broken poetry comme étant une poésie brisée, alors libre à vous et à votre cœur franco, franc et fier.

Un matin, je me suis réveillée et, tout d’un coup, la poésie me manquait. Puis, un soir (d’un autre jour tout aussi ordinaire), le même sentiment m’est revenu. Où étaient donc passées toutes ces nuits durant lesquelles je laissais mes yeux rougir de fatigue devant mes pages remplies de vers, tous plus libres et parfois même égocentriques les uns que les autres? J’ai médité là-dessus. Vous pourriez vous dire qu’en quelques minutes, je m’étais fabriqué une réponse brève et concise, sans artifice ni paraboles; manque d’inspiration, ou de temps peut-être. Mais non. Cela m’a prit près de quelques mois pour trouver le courage et réessayer d’écrire en métaphores, rimes et tragédies. Ma capacité à m’exprimer comme une âme romantique et torturée à la fois me manquait beaucoup, et retrouver cette ressource que je croyais inépuisable en moi semblait être une tâche vaine. Jusqu’au moment ou j’ai compris.

J’avais toujours écrit à des périodes de ma vie durant lesquelles je me questionnais beaucoup par rapport à ce qui advenait de ma personne ainsi que de mon entourage. Rien n’était jamais réellement stable au niveau de mon cheminement émotif et mon évolution psychologique, ce qui rendait beaucoup plus simple la perspective de m’accrocher à quelque chose de tangible, un concept que je pouvais saisir: la profondeur. Tout ce qui se rattachait à la tristesse, au désespoir , bref, toute exagération de mes émotions réelles était attrayant. Mes longues lamentations écrites dans mes notes personnelles m’appartenaient alors, et ainsi, personne n’avait accès à ce que l’on aurait pu confondre avec une envie de mourir (ce ne sont pas les poèmes que l’on souhaite le plus révéler à ses parents et amis.) Alors je m’y mettais. Une journée moins bonne que celle d’hier? ”Ce torrent de vide qui m’entoure est le portrait même de mon éternelle abysse.”  Vous voyez le genre? Plus c’était souffrant, plus c’était plaisant (quelle rime satisfaisante).

Aujourd’hui, je me sens mieux que jamais. Je suis entourée de bonnes personnes, mon anxiété a diminué, j’ai la chance de bénéficier d’une relation amoureuse saine et stable. C’est toujours plus ardu de divaguer sur mes peurs et mes hantises en référant à une vie aussi belle que celle que j’ai en ce moment, même si j’en possède encore. J’y pense seulement moins, ce qui n’est pas une si mauvaise chose au final. Peut-être ai-je fait de ma propre histoire une poésie ornée de décorations florales et de ciels roses, après tout.

Mon prochain défi est alors de transposer ces nouveaux sentiments dans mes écrits, et espérer ne pas avoir à les dissimuler au creux de mes armoires.

 

 

La plateforme à rabais. (Pourquoi j’ai arrêté d’écrire)

Qu’est-ce qu’on ferait sans Les Internets? Publier moins de photos de langues sorties et ignorer l’existance du trendy #BasicWhiteGirl, certainement. Mais au-delà de cela, sait-on vraiment à quoi on ressemblerait sans la vaste toile dans laquelle on est tous entassés comme des moustiques? On aurait l’air moins cons, oui. Je viens pas me prendre pour une autre, de toute façon, y’a juste ma mère pis quelques personnes avec de la bonne volonté qui lisent mes articles. Sauf que ça me satisfait entièrement. Pourquoi? Parce que ça me prouve que j’écris pas de la marde tant que ça.

 

Facebook, le gros buffet froid dans lequel tous se servent un peu trop allègrement, sans penser au fait que ça risque de sortir en vomi d’une seconde à l’autre. Des articles intitulés Les Relations Amoureuses en 2016 qui pleuvent en déluge et les partages de toutes les publications abrutissantes de Connerie QC m’ont démontré, au fil du temps, qu’on est gourmands de tout ce qui est facile. Du fast-food projetté sur nos fils d’actualité, déguisé en commentaires bourrés de fautes, mais vides de sens.

 

Des pages Spotted qui dégoulinent de manque de savoir-vivre et qui ne servent qu’à mettre en valeur la pauvre p’tite caissière du Tim qui t’as pas donné ton beigne assez vite aujourd’hui. Quand c’est pas ça, c’est au tour des ”cr*** de vélos a marde qui roule tous croch sti partager la route svp!!!!”

 

Des comptes Ask.fm sur lesquels on a splashé des insultes dégradantes comme de la peinture pas chère du Dollorama. Sans oublier les stories Snapchat d’écrans noirs avec écrit ”criss de pute *emoji fâché*” mais qu’on fait durer juste 1 seconde en pensant que ça rend le linchage publique moins terrifiant. Pourquoi laver son linge sale chez soi quand on peut le faire comme des êtres sans valeurs ni considération d’autruis sur les réseaux sociaux?

 

On est des bêtes, des animaux de foire qui se contredisent eux-mêmes. On veut trop parler, mais pas assez écouter. On crie notre opinion mais on est pas renseigné. C’est quand, la dernière fois que t’as lu un article du journal Le Devoir au complet, ou bien que tu as réalisé que JDM, c’est un ramassi de sensationalisme qui pue le moisi de la société? Si tu peux répondre à la question en me disant ”ben moi c’est mon cas, arrête de mettre tout le monde dans le même panier”, merci à toi. Je t’applaudis et c’est même pas sarcastique. Parce qu’au fond, t’as raison; c’est pas tout le monde qui est con. Mais la majorité qui l’est, c’est celle qui me chiait dans les mains à chacun de mes articles. Des articles sur lesquels je pouvais travailler durant des heures en faisant des recherches, en me bâtissant un vocabulaire diversifié et accessible, riche mais vulgarisé. J’ai eu des commentaires pleins de fautes sur mon opinion publique face au féminisme par des gars mysogines qui s’exprimaient en colons et qui s’imaginaient que le sexisme, ça existait pu. Y’a même quelqu’un qui a réussi à m’insulter de façon très déplacée à l’aide d’attaques personnelles et de jugements de valeurs non-fondés sur un article portant sur l’environnement et mon penchant pacifique. L’ironie était s’y grande que j’ignorais comment gérer la chose.

 

Voilà, aux quelques personnes qui s’intéressaient vraiment à mon travail (et je sais qu’il y en a, merci à vous) : lorsque les gens voudront cesser de prendre le facile et foutre aux ordures ce qui a nécessité un minimum de réflexion, je m’y remettrai plus vigoureusement. Je comprend très bien la partie qui consiste à écrire pour mon propre bonheur, mais pour l’instant, plusieurs facteurs (nommés ci-haut) ne me le permettent simplement pas. Je n’en suis pas encore capable.

 

Cordialement, une personne sûrement aussi conne que vous qui est quand même capable de se décourager devant la stupidité du monde.